23/02/2018

Kourou et Cayenne




Nous quittons l'ile Royale et chenalons sur quelques miles dans très peu d'eau (moins de 2m par endroits) en approche du fleuve Kourou et jetons l'ancre en amont du ponton des pêcheurs qui se situe de manière pratique aux portes de la ville, à deux pas du quartier du bourg et de son marché aux poissons. Ambiance colorée et sympathique sur le ponton et au centre de cette petite ville où les services disponibles nous apparaissent merveilleux en comparaison de ceux de notre dernière escale à St-Helene. Grâce à la mise à jour de notre position sur notre blog, nous avons la chance de retrouver Arnaud, qui est missionnaire à Europrop depuis 2015 et qui nous reçoit avec Florence et les enfants avec beaucoup d'attention pour un très sympathique weekend.



We make our way into the buoyed but shallow channel (our sounder shows less than 2 metres in some parts of the channel) on the River Kourou on 16/2, and anchor just upstream of the fishermen's wharf. We are practically at the doorstep of the market where fresh fish are available everyday (acoupa, grouper, ray, shark, jackfish, sea bass...) and, on the main street leading to town where there is a good butcher, saturday's colourful fruit and vegetables market as well as some chinese-run groceries, a few restaurants, a well stocked pharmacy and a gas station a little further near the town hall. We spend the late morning of Saturday 17/2 at the market and lunch at the 'Le Flamengo' (créole cuisine). To our surprise Arnaud (Laurent's ex-colleague from Bordeaux) and his kids turn up in their car as we are walking back to the wharf! In fact, this very morning we manage to connect to the internet and update our position, thus notifying our arrival in Kourou. A very enjoyable weekend, thus, despite the weather (squalls), in the company of Arnaud and Florence and kids.

Nous visitons Cayenne en ayant pas mal de chance car la météo nous gratifie d'une relativement belle journée en complète opposition avec les prévisions de météo France. Du centre ville de Cayenne avec ses bâtisses coloniales et ses avenues bordées de grands arbres se dégagent un charme et une atmosphère très pittoresque. Nous ne manquons pas l'escale au bar des Palmistes, où, au alentour de midi tout semble se concentrer ici, autour d'un apéro et d'un plat du jour très français.



Meteo France announces heavy rain for Tuesday, the day we drive to Cayenne, but we are lucky with the weather this day, to be able to appreciate our few hours of strolling in quaint and colonial Cayenne without a single drop of rain and a delicious lunch (authentic French food!) at the very popular Bar des Palmistes.


De retour à Kourou nous visitons l'incontournable CSG (Centre Spatial Guyanais) et les impressionnants pas de tir des trois lanceurs en opération ici: Ariane5, Soyouz et Vega. Malheureusement pour nous, les prochains lancements et en particulier le prochain lancement Ariane5 (le plus impressionnant) est prévu le 16 mars et nous serons à cette date déjà loin sur la route des Antilles... 

Back in Kourou, the guided tour of the Space Centre is an eye-opener to the world of space launchers - Ariane 5, Soyouz and Vega, with very good commentaries by CSG's (Centre Spatial Guyanais) hosts and hostesses, actually going to the Soyouz and the Ariane 5 launch sites, and several impressive videos. Unfortunately, the next planned launch of Ariane 5 for 16th March will be too late for us in our timing to head north.  

Nous nous préparons tranquillement pour la suite de notre découverte de la Guyane en ayant réellement apprécié notre séjour à Kourou, en grande partie grâce à Arnaud et Florence qui nous font également le plaisir de nous rendre visite sur Galatée avec Nicolas et Guillaume pour un déjeuner sur le fleuve après que six petits pirates aient pris le cockpit à l'abordage!

All the same, our week-long stay in Kourou has been great, complete with a lunchtime visit on Galatee of Arnaud, Florence, Nicolas and Guillaume plus 6 kids crowding the cockpit!

 

16/02/2018

Iles du Salut - Ile Royale




l'ile Royale, la plus grande des iles du Triangle (Royale, St-Joseph et l'ile du diable) situées à quelques miles de l'estuaire du fleuve Kourou, est un très bel endroit et peut-être un des plus beaux de Guyane. Un bel endroit qui ne peut faire oublier au travers des vestiges présents sur l'ile la terrible et émouvante histoire du bagne de Guyane et de la transportation des condamnés de métropole instaurée entre le deuxième empire et la 3eme république. La Guyane fut une colonie pénale pendant près d'un siècle et cette longue histoire, particulièrement ici sur l'ile Royale, où les bâtiments de l'administration pénale ont été restaurés (par le CNES, propriétaire des trois iles), donne encore la chair de poule 70 ans après la fermeture du bagne.  L'ile du diable, non accessible au public, vue de l'ile Royale donne au tableau la touche finale et terrible de l'isolation des déportés.




A visit to the ruins of the Bagne (prison for convicts sentenced to forced labour) on Ile Royale is integral to appreciating and understanding the historical significance of French Guiana as France's penal colony between the second empire and the Third French Republic. (This history lesson is to be completed during our upcoming stop at Saint-Laurent-du-Maroni.) Many of the buildings on the island have been restored, completely or partially, providing a museum and walking circuit down this tragic memory lane. Devil's island, non accessible to the public, viewed from Ile Royale, especially highlights the eerieness and the terrible isolation of the penal confinement days. A group of 4 or 5 tourist-filled catamarans arrive daily from Kourou, many of the visitors spending a day or two in this 'strange' get-away.


 

14/02/2018

Traversée de l'Atlantique Sud vers la Guyane Française_Crossing the South Atlantic to French Guiana


Un départ de Jamestown sous le même ciel gris qui nous colle aux basques depuis notre arrivée à St-Hélène, avec un temps un peu mou et un sondeur qui affiche de manière stable des profondeurs aberrantes entre 10et 14m (?). Banc de poissons, thermocline ou gradient de salinité, nous n'en saurons rien. A partir de 20 milles sous le vent de l'ile tout redevient normal. Le temps s'améliore et devient lui aussi plus conforme à la normale. Un vrai temps d'Alizés s'installe durablement et c'est sous un ciel azur pommelé de petits cumulus, sous un soleil brulant et sur une mer striée de petits moutons d'écume que nous naviguons durant quinze jours sous nos 60m2 de voiles d'avant tangonnées sans pratiquement avoir à manœuvrer.

Le 3 février 2018, sous ces conditions idéales, nous recoupons notre route de descente vers les latitude australe du 7 novembre 2015 au Sud de l'ile Brésilienne de Fernando de Noronha et bouclons ainsi notre circumnavigation. Un tour du monde accompli en 2 ans, 2 mois, 25 jours, 3 heures et 53 secondes (à peu près...) en ayant couvert 30567 milles (à peu près aussi...). Par pur hasard, ce point de circumnavigation correspond aussi exactement à l'endroit où nous avons rencontré et conversé avec l'IMOCA de Marc Guillemot et Bertrand de Broc alors en course sur la Jacques Vabres.

Nous recevons depuis 9 degrés de latitude Sud les fax météo de la station de la Nouvelle-Orléans et notons que la ZCIT est très Sud et quasiment sur l'équateur. Effectivement, à partir de 3 degrés Sud nous commençons à ressentir l'influence de cette zone de convergence: grains plus fréquents et plus forts, pas mal de pluie et des périodes de calme prolongés entre grains. Le 9 février au matin nous repassons la ligne et ré-entrons en hémisphère Nord après pratiquement 2 ans et demi passés en hémisphère Sud. Il faut, dès à présent, s'adapter au changement d'hémisphère et notamment repenser le sens de rotation des systèmes météo pour lesquels nous avions pris certains automatismes...  

Au large de la cote Brésilienne nous observons un phénomène assez étrange de séparation de mer: eau verte, opaque, couleur de jade, coté terre et bleue sombre coté large. Une zone de séparation extrêmement franche et bien définie par un mascaret bouillonnant coté océan. Phénomène assez remarquable, peut-être dû à la proximité du delta de l'Amazone où les rios Amazonas et Para déversent dans l'océan des masses d'eaux considérables qui sont ensuite dirigées vers le NW par le courant de Guyane. Nous longeons cette interface pendant plusieurs dizaines de milles, puis entrons définitivement en eau verte opaque. 

A cent milles des iles du Salut, sous un ciel lourd de grains et avec un vent faiblard, nous terminons notre traversée sous voiles et moteur et, aidés par le puissant courant de Guyane qui atteint 2 nœuds, nous touchons l'ile Royale le 14 février juste avant le couché du soleil, juste avec assez de lumière pour ancrer en sécurité après 25 jours de navigation depuis St-Helene et 3130 milles couverts.


We leave Ste Helena's Jamestown with the same grey skies that have stubbornly refused to clear since our journey from Cape Town. The winds are hesitant in the beginning, and the depth sounder keeps showing ridiculously readings of 10 - 14 metres (?!?) : huge schools of fish? Thermocline? About 20 nautical miles away from the island depth readings return to normal, as do the winds.  After 15 days running with stable SE tradewinds under sunny blue skies and cumulus with both foresails goosewinged, with practically no trimming required,  we complete our circumnavigation on 3 February 2018, crossing our initial southbound line (of 7 November 2015) south of the Brazilian island of Noronha. Coincidently, this is exactly where we made VHF contact with Marc Guillemot (and Bertrand de Broc) on their IMOCA of the 2015 Jacques-Vabres race. We have rounded the world east to west in 2 years, 2 months, 25 days, 3 hours and 53 minutes (approximatively), having covered around 30567 nautical miles.

We receive the weather faxes from the New Orleans station, noting that the ITCZ is exceptionally 'south', positioning itself near the equator. Indeed, starting at 3 degrees south, we seem to be already under the influence of the ITCZ. Squalls, rain, gusts, with not much wind in between. We return to the northern hemisphere on 9 February in the morning at 09h UTC. From this point on, we are to re-adjust to sailing in the northern hemisphere, notably in terms of the direction of rotation of winds.

A strange phenomenon is observed on the northwest part of the Amazonian plateau entrance, where the ocean is clearly 'separated' in 2 colours blue and jade green. The blue side (seawards, thus further from the coast) is agitated as if 'boiling' with tide rips. The jade green side is almost opaque, but significantly calmer. We pass through this bizarre zone for a couple of hours, sailing just where the 'separation' occurs over a dozen of nautical miles. Effect of undercurrents? Or is there a link with the outflow of the Amazonian river waters into the Atlantic and the merging with the Guiana current?

With a few hundred miles left to go to reach French Guiana's Ile Royale (Iles du Salut or Salvation islands archipelago, comprising 3 islands in a 'triangle' - Ile Royale, Devil's island and Saint Joseph) : still more squalls and rain, and between them, not enough wind. Fortunately we have the Guiana current pushing us northwest, the current at times reaching 2 knots. At midday on 14 February the wind backs a little east, but drops in strength. Seeing that we are not making 4 knots consistently under sails, we restart our Perkins, hoping to make landfall at Ile Royale before the sun sets. We make it just in time (with half an hour to spare) as the northeasterly wind picks up slightly enabling us, with the main sail, genoa and the Perkins, to sail over 6 knots for the home run. Voila, the South Atlantic is in the bag: 3130 nautical miles from Ste Helena over 25.5 days.