30/11/2017

Réserve de Hluhluwe / Estuaire de Santa Lucia_Hluhluwe Game Reserve / Santa Lucia Estuary




La réserve de Hluhluwe est réputée pour sa taille (de l'ordre de 96000 hectares) et pour la possibilité d'y observer les 'big 5': éléphants, rhinocéros, buffles, lions et léopards.  Ce sera pour nous notre première expérience de safari en Afrique.  Une formidable expérience dans un paysage verdoyant de plaines et de collines d'altitude (500m en moyenne) où nous aurons la chance de pouvoir observer, de très près, quatre des cinq grands animaux qui font la réputation du parc dans leur habitat naturel. Nous séjournons au Hilltop Camp, dans une rondavel (hutte de tradition Zulu) située dans un jardin d'éden où les antilopes et les nyalas vagabondent à proximité et prenons nos repas sur le sommet de la colline, parfois en compagnie des zèbres qui, de temps en temps s'y égayent. 

The Hluhluwe Imfolozi game reserve is reputed for its history and its size (96 000 hectares): a wonderful first experience of the African safari, sighting 4 out of the Big 5: elephants, rhinos, cape buffaloes and lions. The leopard being just too elusive. The park is beautiful with its green hills and plains, the Hilltop Camp's lodgings (traditional zulu rondavels) are comfortable and terrace restaurant serves good buffets. And of course, the thrill of seeing animals just next to the vehicle, free in their natural habitat, especially the serene and beautiful antelopes, nyalas, zebras and giraffes.


De Hluhluwe, en retournant vers Richards Bay, nous faisons un crochet vers Santa Lucia et son estuaire où des bateaux à fonds plats proposent des croisières de quelques heures. Grâce au bateau qui glisse très silencieusement sur l'eau limoneuse et se fraye un passage entre les iles de roseaux, nous pouvons approcher et observer les troupeaux d'hippopotames qui vivent de manière permanente dans ces eaux peu profondes, les aigles pécheurs ainsi que quelques timides crocodiles. 

The 2-hour cruise upriver on the Santa Lucia Estuary is quiet and peaceful. We have less than 10 persons onboard the flat-hull and very silent observation boat, thus being able to get close to the hippopotamus pods, fishing eagles, and occasionally, seeing crocodiles. 


 

Richards Bay





En Afrique du sud, la plaisance et les yachts de voyage ne font l'objet d'aucun traitement particulier par les autorités portuaires. Voiliers et cargos, même traitement. Apres l'obtention du feu vert du Port Control (VHF 12) nous faisons notre entrée du port industriel (charbon) de Richards Bay en faisant route sous GV et moteur à 5 nœuds, ce qui, pour nous, est une bonne vitesse. Cinq minutes plus tard, le Port Control exige que nous sortions du chenal car nous sommes trop lent et un cargo est en approche avec le pilote juste derrière nous. Nous nous mettons à l'esquive face aux vagues et au vent en se faisant secouer pendant un bon quart d'heure en attendant l'autorisation du Port Control de passer derrière le cargo... 

La zone Internationale (Quarantaine) étant pleine à craquer de grands yachts, nous nous amarrons aux petits pontons branlants et vrillés de la 'marina' de Tuzi Gazi qui se reconstruit après sa destruction par une tempête en novembre 2015. Les formalités sont accomplies avec efficacité et nous sommes rapidement libres de notre séjour avec des visas de 90 jours en poche. Nous essayons de trouver une place au Zululand Yacht Club, moins cher, mais sans succès car le Yacht Club est plein, en partie à cause de ce foutu rallye du World ARC (...). Nous nous occupons à doucher Galatée pour la débarrasser de sa gangue et sel et de toute la poussière rouge accumulée depuis Madagascar et nous doublons méticuleusement les amarres en prévision du coup de vent de Sud-Ouest qui approche. A vrai dire, vu l'état des pontons, nous ne sommes pas du tout rassurés, surtout en voyant un voilier local quitter la 'marina' pour chercher refuge dans le bassin international...

Finalement les pontons tiennent bon sous les rafales à 40 nœuds de SW et ce test nous donne une relative confiance sur le fait de laisser Galatée à Tuzi Gazi pour visiter pendant quelques jours les réserves de Hluhluwe Imfolozi et de l'estuaire de Santa Lucia.


Entering Richards Bay is quite an experience. Freighter traffic in and out of the narrow channel gets priority, and Port Control via VHF 12 gives the authorisation for all movements. We get our green light to enter, but, being too slow for them (we are motoring at 5 knots with just the main sail, pretty good speed we say), are obliged to move out of the channel just outside the breakwaters to let an ingoing freighter pass. We station ourselves perpendicular to the northeast winds and swells in the choppy sea for more than 15 minutes before Port Control lets us in, the freighter having safely entered the channel.

The International Yacht berthing (quarantine) area, tucked (rather, hidden) into a small rectangular basin behind the tugboat quay is full with yachts. We take up one of the catways (despite its rather wobbly look due to damages suffered from a severe southwest gale in November 2015) of the Tuzi Gazi Marina. Our timing is perfect to join the group of yachties being stamped in by the Immigration officer aboard S/Y Shuti (catamaran from Isreal). We obtain thus our 90-day free visa, check into the Marina (we get showers and water but at more than two times the daily berthing price at the Zululand Yacht Club which is however full), and complete Customs clearance in town within 2 hours of our arrival. Quite efficient actually.  Galatée gets a washdown which she so well deserves, her deck hosed and scrubbed of accumulated sea salt, its rigging rinsed of the fine red sands from Madagascar. The Tuzi Gazi Marina's pontoons hold well, fortunately, during the 2-day southwest gusts of up to 40 knots on 16 and 17 /11, before which we have doubled our mooring lines - a safety precaution in view of a local yacht actually moving out of the marina to the International Yacht basin before the gale! After the gale we are at least assured that Galatée will be fine when we leave her a few days to visit the Hluhluwe Imfolozi Game reserve and the Santa Lucia estuary.

13/11/2017

Traversée vers l'Afrique du Sud - Crossing to South Africa


C'est une traversée qui n'est pas très longue, de l'ordre d'une semaine, mais qui demande une sérieuse planification. En effet, cette zone Sud du canal du Mozambique voit le passage successif, de l'Ouest vers l'Est, de dépressions Antarctiques précédées et suivies par des cellules anticycloniques assez puissantes, cette succession de dépressions et d'anticyclones se répétant environ tous les trois jours. Et c'est en partie là que réside la difficulté de la planification car la traversée durant de l'ordre d'une semaine cela signifie que l'on est contraint de gérer un coup de vent de Sud-ouest pendant celle-ci. Toute la stratégie est donc de choisir sa dépression (pas trop creuse de préférence) et d'essayer de caler son départ de Madagascar pour la négocier, loin de la côte Sud-Africaine, vers mi-parcours dans le canal et ensuite faire route avec du bon vent d'Est à Nord-Est pour arriver sur la cote Est d'Afrique du Sud impérativement AVANT le prochain coup de vent de Sud-Ouest. 

La situation dangereuse à éviter à tout prix est de se retrouver dans le puissant courant des Aiguilles, qui porte au Sud et longe la cote d'Afrique du Sud à quelques dizaines de milles, avec du vent fort contre ce courant. Cette situation est particulièrement critique quand les dépressions sont suivies par des dorsales anticycloniques puissantes qui en comprimant les isobares génère des coups de vent de Sud-Ouest phénoménaux. Les instructions nautiques sont très claires: La zone en bordure du plateau continental, là ou le courant des Aiguilles est le plus fort, est le siège pendant les coups de vents de Sud-Ouest de vagues anormales, dites vagues scélérates de plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Dans ces conditions un petit voilier a très peu de chance de survivre.

Voila, tout est dit. 

Fort heureusement pour nous, les modèles météorologiques sont aujourd'hui très performants. Les prévisions sur trois jours sont excellentes et celles à sept jours généralement correctes, du moins dans la structure globale des systèmes en présence (anticyclones, dépressions et fronts associés). Dans la mesure où l'on a bien compris les enjeux, il est donc assez facile de planifier correctement son passage, mais il faut parfois attendre plusieurs cycles, c'est-a-dire une semaine voire dix jours avant d'avoir la chance de voir se profiler des conditions acceptables.

Ainsi, nous avons remis deux fois notre départ d'Ifaty avant qu'une fenêtre météo claire se présente. Nous quittons Madagascar le 06/11 et, comme prévu, nous négocions le passage du front froid d'une dépression modérée avec une rotation du vent du Nord-Ouest au Sud-Ouest en milieu de parcours (qu'une petite hirondelle de mer à probablement dû sentir en venant se refugier temporairement dans le carrée sur le filet à légumes!), puis naviguons avec un vent faiblard tournant du Sud-Est au Nord-Est qui en montant un peu sur la fin nous permet d'allonger la foulée dans les dernières centaines de milles et d'atterrir à Richards Bay le 13/11 avec une marge d'une journée sur l'arrivée du vrai mauvais temps. Une traversée, somme tout, sans grande difficulté mais qui fait partie de celles que nous sommes content de laisser derrière nous... 



This is not a long journey, taking around a week, but is a strategic one that requires serious planning. Indeed, here at the south of the Mozambique channel, successive systems of Antarctic lows pass from West to East, followed by rather strong high pressure systems (anticyclones). This pattern repeats itself every 3 days or so, thus creating the challenge of completing the crossing of a week : somewhere along the way we have to deal with heading into Southwest winds. The strategy therefore, is to 'choose' the low system that we are to 'manage', one that is not too deep of course, and to try to meet it somewhere in the middle of the Mozambique channel, far enough from the South African coasts, and thereafter progress with good winds from the East or Northeast so as to make landfall on the east coast of South Africa BEFORE the next low system arrives.

The most dangerous situation to avoid at all costs, is to find ourselves, in the strong Agulhas Current that runs southwards along the southeast coast of South Africa, with strong south winds against this current. This situation is particularly dangerous when the low systems are followed by the ridge of an intense high pressure system, compressing the isobars and generating severe and phenomenal Southwest gusts.  The Sailing Directions are very clear on this matter. The zone bordering the continental shelf, where the Agulhas Current is at its strongest, witnesses during the Southwest gusts, abnormal or 'rogue' waves that can escalate to several dozens of metres high.

So there we are, we know the facts and the dangers to avoid.

Very fortunately for us, the weather forecasting models today are very accurate. Forecasts over 3 days are excellent, and those over 7 days are generally correct, at least on the global structure of the existing systems (anticyclones, lows and the associating fronts). Once we understand the risks involved, we can properly plan our passage, though it takes some patience to wait out a few cycles over a week or 10 days or so, before we take on a weather window with acceptable conditions.

As such, we delay, twice, our departure from Ifaty before a clear weather window presents itself. We set sail from Madagascar on 6/11, negotiate the passage of the forecasted cold front of a moderate low system, managing the Northwest to Southwest wind rotation (which is almost always sudden and violent) in the middle of our journey. Strangely, a little water bird (probably a sea swallow) which has perhaps sensed the coming of the wind rotation, comes to seek refuge under our dodger and even into the interior of the boat. It poses a split second on Laurent's thigh before darting off barely half an hour before the winds change. We complete the journey with weaker winds rotating from Southeast to Northeast, before catching strong Northeast winds to boost the speed of the 'homeward' stretch towards Richards Bay on 13/11, making landfall with a margin of one full day before the arrival of the next cycle of (very strong) southwest winds.  A crossing that has been without too much difficulties, but which we are extremely content to leave behind us.