15/10/2017

Madagascar- Côte Nord-Ouest / North-west coast


Nous profitons des conditions calmes du mouillage de Nosy Hara pour réparer rapidement la capote de descente dès le lendemain en transformant le carré en atelier de sellerie. En fin d'après-midi, quand, satisfaits, nous levons enfin le nez de notre travail de sellerie maintenant achevé, le vent a déjà tourné Est et commence à souffler frais. Nous sommes maintenant au vent du récif avec un clapot inconfortable mais les conditions sont encore acceptables. En début de nuit le vent d'Est monte encore d'un cran et fait passer les conditions au mouillage d'inconfortables à carrément intenables avec Galatée qui enfourne dans les vagues et qui soulève de manière inquiétante sa ligne de mouillage. Nous levons l'ancre en urgence et contournons le Nord de Nosy Hara en suivant notre précieuse trace GPS d'approche mais la nuit étant d'un noir d'encre, nous taillons la route vers le large vers les iles Mistsio car, sans visibilité, il est vain de rechercher et de prendre un autre mouillage sur la cote Ouest de l'ile, frangée de récifs. La sécurité est au large. 

Nous capitalisons donc notre première leçon sur l'usage des mouillages de la cote ouest de Madagascar et en particulier sur la prise en compte des brises thermiques qui gouvernent la navigation tout le long de cette longue cote, du cap d'Ambre jusqu'à Tuléar.


Despite the fatigue from the crossing, we make full use of the calm conditions at Nosy Hara to quickly repair our torn dodger, transforming the interior of Galatee into a canvas workshop.  The lake-like calmness lasts only into the late afternoon of 16/9, when the winds turn east and start to strengthen. We manage to advance pretty well in the repair works, but hurriedly stow all our tools and our Sailrite sewing machine away as the east winds start to really pick up in the early evening with a worrying fetch causing Galatee to start bouncing on her anchor chain. We find ourselves with the aft of Galatee dangerously close to the reef and the beach. We make a quick (and wise) decision to weigh anchor just before dusk, following our GPS tracking out of the anchorage and around the north of the island. The night falls quickly, and with no light to guide us in identifying a safe anchorage on the west coast of Nosy Hara, we set our sails for a night journey south towards the Mitsio group of islands, knowing that our security lies out at sea, away from the reefs.

This first experience of the wind rotations all along the west coast of Madagascar sets the golden rule to our choice of anchorages at the Nosy's (meaning islands), as well as the sailing timing and strategies, taking into account in particular the thermal breeze patterns. (Further details will follow).

Nous progressons vers le Sud vers Nosy Be où nous ferons notre entrée officielle dans le pays. Mais en attendant cette escale, nous flânons le long de cette cote sauvage en visitant quelques unes des îles qui la bordent. Iles sèches, arides, îles de terres rouges ourlées de falaises de basalte, frangées de palmiers et de dunes de sable. Paysage de lumière écrasé sous la chaleur implacable de ce ciel sans nuage du canal du Mozambique. Apres quelques jours aux îles Mitsio dans la baie de Maribe, nous passons les quatre frères puis faisons une courte escale sur Tsara Bajina, magnifique petit îlot (à basse mer surtout) qui est malheureusement devenu la propriété d'un hôtel haut de gamme, un ghetto de luxe exotique pour riches touristes qui gâche à peu près tout. Nous n'y faisons de toute manière qu'une courte escale car le mouillage est intenable du début d'après-midi jusqu'en début de nuit, quand la brise SW s'en donne à cœur joie et fait rouler le bateau bord sur bord à nous dévisser la tête...

Progressing south whilst we head towards Nosy Be (where we are to officially check-in into Madagascar), we take our time to appreciate this wild coast dotted with dry and arid islands, the reddish lands fringed by basalt cliffs, palm trees and sand dunes : rugged landscapes under the scorching heat of the cloudness sky of the Mozambique Channel.  After a few restful days in the Bay of Maribe on Nosy Mitsio (sighting our first zebus - beautiful creatures!), we head to Tsara Bajina, a magnificently pretty little island, notably at low tide, which has (unfortunately) been turned into a luxury resort island for the benefit of rich tourists in search of an exotic getaway. In any case, the anchorage is definitely one of our worst experiences, with the south-west winds and swells making the anchorage terribly rolly and extremely uncomfortable from mid-afternoon and lasting into the early hours of the morning.

En route vers Nosy Be nous prenons un mouillage de circonstances à Nosy Komba où nous patientons tranquillement jusqu'au lendemain matin très tôt afin de naviguer confortablement avec la brise d'Est vers Hellville où nous faisons notre entrée le 22/09. Nous n'y restons que le temps nécessaire pour effectuer les formalités et pour se régaler d'un pavé de zébu à l'Oasis. La ville est attrayante, propre et débordante d'activité. Les tuk-tuk jaunes Piaggio sillonnent la ville en tous sens et nous permettent pour 500 Ariary la course urbaine de régler rapidement toutes nos affaires dans la matinée. Celles-ci étant soldées, nous bougeons le bateau de cinq milles plus à l'Ouest dans la baie du cratère qui abrite une sympathique petite "marina" sur coffres qui offre plus de facilités que le port de Hellville et qui accueille la flotte des voiliers croisant dans les parages, voiliers de voyage et charters.


We weigh anchor as soon as the sun rises, making a 'forced' stop at Nosy Komba in the evening as we find the winds and currents of the narrow channel between Nosy Komba and Nosy Be strong and against us. Instead of fighting the elements, we rest a night before sailing comfortably with the east winds on the morning of 22/09 into the Bay of Hellville at Nosy Be. We stay just a few hours to complete our immigration and checking-in procedures and enjoy a delicious Zebu steak at the Oasis restaurant. Hellville is an attractive town, clean and full of activity. On land, yellow Piaggio tuk-tuks (taxis) are abundant and brighten up the streets in their large numbers, a convenient means to get around for just 500 Ariary per person. And at sea, huge sailing canoes make the journey to and from the mainland in tune with the thermal breeze patterns, a fast and economical way for their transport of people and goods.

Il y a beaucoup de voiliers dans la baie du cratère et la zone de mouillage étant bondée nous tournons un bon moment avant de décider de prendre un coffre libre. Nous avons de la chance car celui-ci appartient à un charter qui est en croisière pour quelques jours et nous pouvons l'utiliser gratuitement. Nous profitons de cet endroit sympathique et pratique, situé à dix minute à pied du village du Cratère et de son marche coloré débordant de produits frais locaux.

We move 5 nautical miles west to the Crater Bay, recommended to us by Phillippe and Gaelle of S/Y Gaia (from Mauritius, who we met at Nosy Mitsio). The little 'marina' (equipped with mooring buoys and a pontoon for dinghies) is the meeting point and 'home' to sailing charters and round-the-world cruisers like us, providing a friendly and cosy environment with a great restaurant, showers, books to exchange, potable water etc at a short 10 minutes walk into the village where we find a lively local fish and vegetables market, and a well-provisioned groceries shop.  The mooring area is however very crowded, and we are lucky to find a buoy available as the owner (a charter catamaran) has just left for a sailing cruise lasting a week or so.


Nosy Be est la plateforme touristique du Nord-Ouest de Madagascar, mais elle reste néanmoins très belle et, en dehors des lieux de concentration tel Ambatoloaka, assez traditionnelle. Elle est aussi une base idéalement située pour explorer pendant quelques semaines en voiliers la cote Nord-Ouest de Madagascar entre les Mitsios au Nord et la baie de Moramba au Sud avant de faire le saut vers l'autre coté du canal, vers le Mozambique ou directement vers l'Afrique du Sud. 

La plupart des voiliers de voyage adoptent d'ailleurs cette stratégie de croisière et cela est légitime. Pour notre part, Madagascar c'est aussi et surtout le Sud, ses estuaires aux fleuves couleur de rouille frangés de mangroves et ses multiples petites iles bordées de récifs coralliens, peuplées par les pécheurs Vezo. Qui plus est, nous avons un rendez-vous important, pris depuis des années. En effet, nos amis Jean-Marie et Christiana attendent notre visite dans leur villégiature à Tuléar et nous sommes impatients de les retrouver.

Nosy Be is THE tourist platform for the north-western part of Madagascar, but the island globally has maintained its charm and traditional beauty (with the exception of places like Ambatoloaka which is the Madagascar equivalent of the most touristic beaches of Phuket or Bali). Nosy Be is also an ideal base for a sailing exploration of the north-west coast between Nosy Mitsio and the Bay of Moramba, with some charters stopping further south at Mahajunga. 

Many round-the-world sailboats leave Madagascar from Moramba or Mahajunga to cross the Mozambique channel, either to sail the coast of Mozambique or directly to South Africa. While this is of course a legitimate strategy, we have planned to see the south-western coast of Madagascar, with the red-rust coloured waters of its many estuaries fringed with mangroves, white sand beaches and coastal villages of the 'Vezo' tribes. More importantly, our 'rendez-vous' with our friends Jean-Marie and Christiana has been agreed since 2015, and we are longing to meet up with them in Ifaty and Tulear, our final stopping points in Madagascar.

Nous quittons donc Nosy Be le 26/09 vers le Sud direction la baie des Russes, ainsi nommée à cause d'un navire de guerre Russe mutiné qui y aurait trouvé refuge durant la guerre Russo-japonaise de 1905. La baie est magnifique, encore sauvage et le mouillage très bien protégé. L'eau y est claire et le poisson abonde. André, Autrichien, qui vit ici depuis quelques années avec sa famille Malgache dans une jolie case en bord de plage, nous accueille gentiment et nous renseigne sur les balades environnantes. Nous y restons trois jours en compagnie de deux autres voiliers. 

And so we leave Nosy Be on 26/09 to Russian Bay, which got its name from a mutiny of the crew of a Russian warship in 1905 during the Russo-Japanese war. Russian Bay is very pretty, still wild, with a well-protected anchorage. The waters are clear and brimming with fish life. Here we sight our first lemurs, 2 males, black and almost cat-like, in the gardens of André, an Austrian, who lives here with his Malagasy family and who proposes meals and drinks and a few grocery items to passing sailboats. 

Nous faisons ensuite route vers la baie de Baramahamay en passant l'ile de Nosy Antsoha puis Nosy Iranja où nous tentons un mouillage devant la plage à l'eau turquoise, mais la petite houle du Nord rend le mouillage très rouleur et nous devons passer notre chemin. Le village de Baramahamay est un petit village très attrayant où les villageois sont ravis de proposer du miel sauvage et des crabes de mangrove, qu'il convient, bien sur, de négocier au prix "Gasy" à partir du prix initial "Vazaha". Un autre village, uniquement accessible en annexe, se trouve en amont de la rivière qui serpente dans la mangrove. 

Next stop : the Bay of Baramahamay on the mainland, where villagers from a small and very clean traditional village welcome us, with children clinging to us, and where we buy wild honey and mangrove crabs... yummy and at a most reasonable price once we succeed in bargaining down the prices from the initial 'Vazaha' (tourist) price to the normal 'Gasy' (local / Malagasy) prices.

Nous perfectionnons l'utilisation de la brise thermique qui globalement, en l'absence de vent synoptique fort, a une rotation antihoraire très régulière. La brise de mer commence à se lever gentiment au Nord-ouest ou à l'Ouest vers 10h30, souffle 10 nœuds entre 11h00 et 12h00, puis fraichit en tournant Ouest ou Sud-ouest 15 nœuds vers 15h00 pour mollir vers 17h00 et tomber complètement vers 19h00. La brise de terre, en général plus modérée, se lève vers 21h00 et souffle Sud-est ou Est, en tournant lentement Nord-est jusqu'en début de matinée, pour tomber complètement.

En utilisant ce cycle de brise on peut ainsi, en quittant le mouillage en milieu de matinée, couvrir paisiblement sous voile 30 milles sur une mer généralement plate et arriver avec suffisamment de lumière pour prendre le mouillage suivant. Il est intéressant de noter que les modèles GFS du NOAA prédisent très correctement les brises thermiques sur cette cote.

Les brises thermiques conditionnent aussi le choix des mouillages. En particulier ceux des îles, qui sont exposés à cette rotation du vent de 360 degrés, pour lesquels nous avons trouvé pertinent de choisir le coté de l'île qui privilégie la protection du secteur Nord-ouest à Sud-ouest, la brise de terre de secteur Est étant plus modérée et le fetch, pour ces îles côtières, limité (sauf pour Nosy Hara...). Les conditions, la nuit avec la brise de terre, peuvent être un peu rouleuses ou clapoteuses mais sont en général tout à fait tenables, si l'on a, bien sûr, bien pris en compte l'évitage...

We have by this time 'perfected' our use of the thermal breezes which globally, in the absence of strong forecasted winds, rotate anti-clockwise in a most regular manner. Like clockwork, the sea breeze starts gently from the Northwest or from the West around mid-morning, picking up gradually to 10 knots near midday, and strengthens as it turns West or Southwest around 3 p.m., then weakening at 5 p.m. before dying out at around 7 p.m.. The land breeze on the other hand, is generally weaker, starting at 9 p.m. from the Southeast or East and turning slowly Northeast in the early morning, disappearing completely to 'give way' to the sea breeze.

Using these breeze cycles, we leave our anchorages in mid-morning, sailing comfortably for around 30 nautical miles on a flat sea to arrive early enough at our next stop with sufficient light. It is interesting to note that the GFS wind forecasting models of the NOAA are very accurate along this coast.

The thermal breezes determine as well the choice of anchorages. In particular, at the islands, which are exposed to this wind rotation pattern of 360 degrees. We find it pertinent to choose the side of the island which privileges protection from Northwest to Southwest, as the land breezes from the east are less strong during our passage. Sometimes it does get a little rolly and bumpy, but generally we are alright, after taking into account anchorage space and distance from the shore to enable the boat to turn freely with the winds. 


Nous restons deux jours a Nosy Saba, mouillés derrière une langue de sable qui nous apporte un peu de protection. L'eau y est claire (surtout à marée basse) et le corail y est exceptionnel en diversité et en santé. A l'identique de Tsara Bajina, l'ile abrite au NW un hôtel de luxe avec sa piste d'atterrissage privée, qui semble étrangement vide et léthargique dans l'attente de clients. 


Thus with these considerations in mind we spend two days at Nosy Saba, anchored behind a sandy spit that provides sufficient protection. The snorkelling (at low tide) here is wonderful, with the corals abundant in variety and in good health too. Similar to Tsara Bajina, Nosy Saba has a luxury hotel on its northwestern beach, complete with their own aircraft landing strip. With the tourist season coming to an end, the hotel premises are strangely quiet and empty.

Le 04/10 nous entrons dans la magnifique baie de Moramba. Le site est d'une grande beauté avec ses rochers en surplomb sculptés par l'érosion, ses plages vierges, ses grands baobabs et les nombreux lémuriens que l'on peut rencontrer en se promenant dans la foret côtière. Nous y restons quatre jours, bien protégés, en attendant que le vent qui souffle en rafale à 30 nœuds du Sud-Est mollisse un peu.

From Nosy Saba we make our way on 04/10 into the magnificent bay of Moramba. A site that can easily boast its wild beauty, with huge rock structures sculptured by nature's erosion, untouched beaches, giant baobabs and the numerous lemurs that we sight as we walk along the coastal forest paths. Here we stay 4 days, well protected at our anchorage from southeast gusts (up to 30 knots).




Le 08/10, le régime des brises thermiques modérées s'étant rétabli, nous reprenons alors notre navigation paisible vers la baie de Mahajamba puis vers Mahajunga en compagnie des innombrables pirogues à voiles, petites et grandes, qui sillonnent cette cote. 

When the thermal breezes finally regain their clockwork regularity on 08/10, we set sail towards Mahajunga, accompanied by a huge fleet of sailing canoes of all sizes.  

Nous traversons l'estuaire couleur de rouille de la Manombolo et prenons le mouillage devant le petit village de Katsepy, en face de Mahajunga, juste de l'autre coté du fleuve. Nous avons choisi de ne pas mouiller devant la ville de Mahajunga, car le mouillage est très exposé au Sud et les conditions de sécurité et sanitaires sont, pour le moins, incertaines. En effet, Mahajunga est victime (comme chaque année en début d'été) depuis quelques semaines d'une épidémie de peste bubonique et de peste pulmonaire, cette dernière tuant en moins de 48 heures. Sans être paranoïaques, les cas avérés étant peu nombreux, nous décidons néanmoins de garder notre distance avec la zone portuaire et ses rats...

Having decided not to anchor at the main town of Mahajunga (which is exposed to south winds and for the time we are there, suffers a bad reputation in terms of security and health concerns), we cross the red Manombolo river to drop anchor in front of the small village of Katsepy, which is situated on the other side of the river from Mahajunga. In fact, the plague (bubonic and pulmonary) has severely affected several of Madagascar's main towns (a serious problem every year in summer). Even though the actual number of cases in Mahajunga are reported to be low, we decide to keep our distance from the port areas and its (possible) rats...

Katsepy est un tres agréable mouillage, confortable, animé et pratique. Le petit marché de fruits et légumes du village et le restaurant de Christiane Chabaud nous permettent de subvenir à tous nos besoins et de séjourner très confortablement. Nous recommandons ce mouillage à partir duquel on peut se rendre facilement à Mahajunga en moins d'une heure en vedette rapide.


Katsepy is moreover a very comfortable anchorage, convenient and animated. The small fruit and vegetables market as well as the restaurant of Madame Chabaud provide all the facilities and provisioning necessary during our stay, with lemurs in the gardens as a plus, while we wait out (yet another) few days of strong south winds that 'bar' our journey south towards Ifaty and Tulear.