19/07/2018

Rochefort...et après?_Rochefort...and after?


Yeu à Rochefort, un départ le 18/07 en fin d'après-midi de l'Anse des Vieilles pour une navigation de nuit nous permettant d'arriver à l'ile d'Aix et à l'estuaire de la Charente avec le flot en tout début de matinée. Nous sommes à l'heure le 19/07 et Galatée embouque l'embouchure de ce fleuve tranquille qui serpente au milieu des marais et des landes couvertes de roseaux, bordée de fortins témoins du passé glorieux de cette voie de navigation. Sous la lumière de cette belle matinée d'été, la remontée de la Charente est un parcours champêtre de toute beauté. Nous passons Soubise et les nombreux voiliers alignés sur coffres et au tournant du dernier coude apercevons les premiers bâtiments de notre nouveau port d'attache. 

Nous accostons au ponton de la Corderie Royale pour attendre la proche ouverture de l'écluse et profitons de ce dernier instant de notre errance pour envoyer en tête de mât notre plus beau pavois, celui des pavillons des vingt-six pays que nous avons eu le bonheur de visiter et qui ont flotté fièrement sous les barres de flèches tribord au cours de ces trois années de voyage. La porte est ouverte. Nous nous faufilons dans les deux pertuis, celui d'entrée dans le bassin Lapérouse puis celui du bassin Bougainville, où Galatée, ce bel oiseau du large  prends sa place, bien sagement.

Une page se tourne. Une nouvelle se présente, toute blanche, à écrire à l'encre de la terre d'Aquitaine mais assurément pas à l'ancre d'une vasière, car nous n'abandonnons pas dame Galatée! Après plus de 60000 milles parcourus en sa compagnie depuis 2006, dont 41000 durant ce tour du monde, nous sommes plus que jamais attachés à ce voilier, marin, bon marcheur et incroyablement résilient. Nous prendrons donc le temps d'effectuer le grand carénage nécessaire et de lui faire prendre le large, de temps en temps, en notre modeste compagnie. Les projets ne manquent pas. Au cours de ces trois années de voyage, nous avons pu nous rendre compte de la véritable immensité des trois océans, de l'infinité des possibilités de navigations et de la richesse des rencontres; nous n'avons fait qu'effleurer tout cela. Voila, pour l'heure, tout est dit, ou presque. Bon vent à ceux qui nous lisent et sont encore en navigation ou prévoient de partir et un grand merci, à tout les autres, de nous avoir suivi et accueilli en escale et en ce retour.

Galatée retourne en veille sur le canal 16 - Over and Out...

We leave Anse des Vieilles in the late afternoon of 18 July to sail through the night, allowing us to arrive at Ile d'Aix, and thus at the entrance of the river Charente with the ingoing tide timed just right for the next morning. We are on time, and Galatée makes her entrance in this waterway for a serene 3+ hour passage, along the quiet river marshes and heath lands covered by swaying reeds, dotted with picturesque estuary-side fishing huts and historical small forts that proudly maintain the glorious heritage of the Charente river. The weather forecast announced possible thunderstorms, but our upriver cruise is bathed in bright summer sunlight. We motor past numerous sailing boats moored on buoys, past Soubise, before making a final turn on the estuary for our first view of Galatée's new home port : Rochefort.


We dock temporarily at the waiting pontoon of La Corderie Royale with just half an hour to wait for the opening of the floodgates of Rochefort's marina. We make use of this short time frame to hoist our precious line of the courtesy flags of 26 countries which we have had the chance and honour to visit over our journey in the past three years. Some of these flags forever bear the marks of wear and tear from winds and sun and rain as we proudly flew them just below the starboard spreaders as we travelled through each country, and we are content to adorn Galatée with the colours and memories of our adventures as we return home.


The floodgates are opened, we gently make our way into the two openings, first into the Bassin Lapérouse, then into Bassin Bougainville, where Galatée, like an oceanic sea-bird returning from a beautiful journey, contentedly takes her place.

A page is turned. A new page presents itself, ready to be filled with trails and tales of land-based adventures in France's Aquitaine region (and occasionally elsewhere) but surely and certainly, without abandoning our dear Galatée to neglect and solitude. After more than 60000 nautical miles travelled together with Galatée since 2006, of which 41000 during our round-the-world tour, we are more than ever attached to this sea-worthy, courageous and incredibly robust boat. We will take the necessary time to give her a complete and well-deserved careening and sail her out of Rochefort from time to time. Possibilities are endless, all it takes is to continue to dream. Over the last three years, we have come to recognise the vastness of the three oceans, the immense possibilities of navigating seas and rivers, the value of meeting people in faraway places, the emotions of encountering wildlife, the mesmerising beauty of nature. All these and more, we have only just barely touched the surface. Well, this story comes to a close, or almost, until the next time!  Fair winds to all our friends who have followed our traces and are still sailing, or are planning to sail , and a huge thanks to everyone else who had embraced and received us so warmly in your various countries and islands, all of you who have followed us through our adventures, and of course, family and friends who have welcomed us home. 
     
Galatée, back on watch on VHF Channel 16 - Over and Out...

17/07/2018

Retour vers la France_Return passage to France





Après les deux semaines de fêtes exceptionnelles de la St-Jean (Sanjoaninas) que la situation météorologique compliquée nous a finalement imposées, nous profitons d'un déplacement temporaire de l'anticyclone, bousculé par un front, pour tenter notre chance en ayant la possibilité de faire du Nord pendant trois jours avant de pouvoir, peut-être, faire de l'Est vers les cotes françaises si nous sommes chanceux.

Nous profitons de conditions très clémentes pour ne pas dire molles et assez classiques de l'été dans l'Atlantique Nord sous ces latitudes: situation anticyclonique marquée, ciel très clair avec petits cumulus cotonneux, mer peu agitée à belle qui nous permet d'admirer à loisir les crêtes fuchsia des multitudes de physalies (galères portugaise) qui, aussi belles que dangereuses, voguent voile haute dans leur tour d'Atlantique permanent. Nous longeons le bord de l'anticyclone dans du petit temps au prés bon plein ou au largue vers le NNE sur un cap calé vers le SW de l'Irlande afin de contourner la zone de vents  de NE bien établis et assez forts qui est installée sur le golfe de Gascogne, la Manche et le Sud de l'Angleterre. Nous espérons ainsi pouvoir repiquer vers le SE, vers La Rochelle, dès la latitude de Brest atteinte ou dépassée. Nous progressons en alternant les manœuvres: sous génois la nuit et assez régulièrement sous spinnaker le jour, et réussissons à progresser lentement mais sous voiles et à couvrir tres honorablement en moyenne 100 milles par jour. Nous croisons aussi quelques cargos et voiliers sur cette route assez fréquentée et faisons même un brin de chemin en compagnie du voilier Bubu de St-Malo auquel nous transmettons en vacation VHF la situation météo que nous recevons par Fax de Northwood quotidiennement.

Le 06/07, nous découvrons quelques litres d'eau dans les fonds, de l'eau douce...Rebelote, comme dans notre transpacifique en 2016, nous découvrons que le nouveau (2016) réservoir d'eau arrière (notre principale réserve) fuit légèrement. Nous transvasons toute l'eau en utilisant tous les contenants disponibles afin de pouvoir inspecter le réservoir. Fort heureusement, l'avarie est mineure: le réservoir est intègre, seul un collier de fixation d'embout est légèrement desserré. Resserrage, transvasement dans la bonne humeur de la centaine de litres sauvés et l'affaire est réglée (et contrôlée le lendemain).

Alors que nous avions été surpris de ne pas croiser un seul cétacé lors de notre transatlantique des Antilles vers les Açores en mai de cette année, sur ce dernier parcours hauturier nous avons été très surpris d'en croiser autant! Des rorquals, très souvent par deux, la mère et le petit baleineau (de 10m de long le petit!) qui ont tous beaucoup aimé la compagnie de Galatée avec laquelle ils ont nagé à couple ou sous laquelle ils ont plongé en laissant en surface un grand cercle d'eau laminarisée. Nous en observions quotidiennement de quatre à cinq groupes. Naviguant sous voiles et donc de manière assez silencieuse, nous étions toujours très attentifs à notre route et à celles suivies par ces paisibles mais néanmoins énormes créatures. Malgré leur taille gigantesque et l'attention liée à leur proximité, chaque rencontre avec ces grands dos arqués et ces bruits puissants de respiration nous comblait d'émotion et d'émerveillement.

Après un passage temporaire assez dur au prés dans la brise, la grisaille et la pluie intermittente d'une queue de front les 11 et 12/07, le beau temps anticyclonique se réinstalle, semble-t-il durablement. Nous sommes maintenant plus prés de l'Irlande que de Brest et il est  temps de faire de l'Est. Nous piquons vers La Rochelle, mais le 17/07 le temps au Nord des cotes de Charente est trop mou et nous préférons atterrir sur l'ile d'Yeu et de patienter un peu l'arrivée du vent au mouillage au Sud de l'Ile. Nous touchons l'ile d'Yeu le 17 juillet en fin d'après-midi et jetons l'ancre dans l'anse des vieilles en saluant les autres petits voiliers de plaisance avec lesquels nous partageons la place et qui créent cette ambiance si familière qui fleure bon les grandes vacances estivales françaises.

After two weeks of fun and food and festivities at Angra, a stay which is nevertheless made necessary by the complexities of the weather situation, we finally find a tiny window opportunity - created by a weather front displacing temporarily the Azorean High, enabling us to attempt our passage northwards during at least the first 3 days, before being able (perhaps..., if we are lucky...) to turn East towards the French Atlantic coast.


We take advantage of very reasonable conditions - we can safely say very calm conditions indeed, typical in summer in North Atlantic at these latitudes: a significant stability of the Azorean High, extremely clear skies with small fluffy cumulus clouds, calm or at most slightly moderate seas, enabling us to admire the strangely beautiful but dangerous fuchsia-coloured crests of multitudes of Physalies (baby-sized ones being exceptionally numerous) which float by in huge colonies in their never-ending round-the-Atlantic passage. We progress along the edge of the Azorean High in comfortable conditions towards the North-northeast, heading more or less for the Southwest of Ireland, hoping thus to well avoid the zone of Northeasterlies blowing strong and consistently over the Biscay Bay, from northern Galician Spain to as far north as the entrance to the English Channel and the south of England. Once we arrive at or pass north of the latitude of Brest, we aim (or rather, hope) to turn Southeast, towards La Rochelle.  Alternating between our fore sails - the Genois during the night and the spinnaker during the daytime, we manage, despite the light winds, to progress slowly but surely achieving an honourable average of 100 nautical miles per 24 hours. We cross the paths of a few freighters and sailing yachts along this route which sees rather busy sea traffic, and even find ourselves a companion part of the way - S/Y Bubu from St-Malo - to whom we provide our daily weather forecasts and analysis via VHF.


On 6 July, we discover a few litres of fresh water in the bilge.... History repeats itself - as in our trans-Pacific of 2016, it seems that our rear cabin flexible water tank (our main tank) has sprouted a slight leak. Worried, as we are only 3 days out of Terceira, we transfer as much water as we can into temporary containers - which are fortunately, at this stage of our journey, mostly empty - in order to relieve the pressure on the tank which we had filled to the brim at Terceira, and allow us to investigate the source of the leak. To our greatest relief, the problem is minor and easily resolved : the reservoir is intact (no holes, that is), the leak being caused by just a slight loosening of a tube clip / clamp. After re-tightening the clip and re-transferring the litres of water saved, our water reservoir is back in usage!


While we were very surprised not to have sighted any whales during our transatlantic crossing from the Caribbean islands to the Azores in May this year, we are literally spoilt during this final ocean crossing :  Common Rorquals, usually migrating in pairs, mommy and baby, seem to have been curious enough to explore Galatée, this strange white-bellied creature, by swimming alongside or under her hull, and when the whales plunge (quite gently really despite their gigantic size) next to us, they leave huge circular and smooth patches on the water surface just to let us know they've gone under. Almost every day we are treated to 4 or 5 groups. As we are under sails and thus progressing quite silently, we make sure to keep a constant look-out for these beautiful and peaceful creatures, waiting just to see them surface serenely with their arched backs, listening for their respiration : the emotions and wonders of each encounter are ever present no matter how many times we meet them. 

After a temporary passage of close reaching in stronger winds, with grey skies and intermittent rains arising from the tail end of a weather front passing over our heads on 11 and 12 July, the clear blue skies from the Azorean High return, it seems, for a good long period to come. We are now nearer to Ireland than to France's Brest, it is time to turn east/south-east if we want to head home! Whilst nearing the north of Charente coast in the afternoon of 17 July, the winds being just too weak for us to continue under sails, we head towards the nearest island - Ile d'Yeu, dropping anchor at the little island's southern anchorage of Anse des Vieilles, content to salute other sailing yachts (of our size!), mainly French, out in reasonable numbers with this summer's sailing season just beginning. 



02/07/2018

Açores_Azores : Terceira


Toutes les iles sont belles et toutes les villes et villages dignes d'intérêt, mais nous gardons un souvenir particulier de Terceira et de la ville de Angra et décidons d'y réserver le temps de notre dernière escale dans cet archipel avant notre retour vers le continent, d'autant que nous y serons durant les fêtes de la Sanjoaninas (St-Jean) qui sont les plus importantes des Açores. Une ville classée patrimoine mondial de l'Unesco dont on se lasse pas et où on se laisse charmer par l'ambiance festive et cordiale, l'esthétique des monuments, les  ruelles pavées, les placettes et les nombreux petits estaminets et restaurants traditionnels (avec un repas du jour à 6 euros!). Deux semaines de fête continue, familiale et bon-enfant: défilés, orchestres, corridas et restaurants de rue improvisés où les tables de tascas (tapas Portugais) débordent de monde et où la bière coule à flot. Nuits où le repos est aussi difficile car la marina se trouve aux premières loges des concerts nocturnes qui ne donnent pas exactement dans le registre de la musique de chambre. Nous basculons dans une vie citadine que nous ponctuons de quelques randonnées, au Monte Brasil et dans l'intérieur de l'ile que nous revisitons en voiture pendant deux jours en profitant des baignades rafraichissantes dans les piscines naturelles qui émaillent la cote Nord. 

Nous gardons aussi un œil sur la météo qui ne se présente d'ailleurs pas de manière très favorable en cette fin juin avec un anticyclone bien stable au NE des Açores qui nous bloque la route de retour avec du NE qui souffle en coup de vent... Bon, quand c'est pas bon, c'est pas bon et il faut attendre, mais nous positivons facilement: il y a vraiment pire comme endroit pour passer le temps.

All the Azorean islands are beautiful, but as we had particularly enjoyed our stay in Terceira back in 2011 at Angra,  this is where we decide to spend the rest of our time for our final stop in the Azorean archipelago before returning to continental Europe - especially when our 'waiting' time coincides with the annual Sanjoaninas festivals, the most celebrated of all Azorean festivals. Angra do Heroismo was recognised by UNESCO in 1983 as World Patrimony. Its architectural, cultural and historical values are especially highlighted during the Sanjoaninas festivities :  10 days of music, parades and dances, orchestras and concerts, touradas (street bull-runs) and a feast of gastronomy delights available around every corner with make-shift beer stands, tascas (Portuguese tapas) tables and benches in the streets as well as in small traditional restaurants serving the day's menu (soup, dish, drinks and desserts at 6 Euros!). The only minus point, is that restful nights are impossible, with a concert stage right on the marina quay, and that none of the group bands play anything close to soothing chamber music into the wee hours of the morning. We merge quite quickly into the daily rhythm of the town, with walks on Monte Brasil and in the interior of the island which we visit by car over the course of 2 days, absorbing the splendour of the pastures (often with milking stations), forests, craters and cliffs, as well as the very particular Biscoitos vineyards and wine museum, not forgetting to refresh ourselves in the natural pools dotting the northern coast of Terceira. 

Naturally we are always keeping an eye out on the evolution of the weather, which has unfortunately not been presenting favourable passages this end of June, with a stable High NE of the Azores with strong northeasterlies blocking our way home to France's Atlantic coast. Well, if the winds are not in our favour it is best to hope and wait, all the more, there are not many options as good as Angra as a waiting place!