26/03/2018

Marie-Galante




Le lendemain matin, devant cette jolie plage des trois-ilets qui se découvre, Laurent fait un petit tour en tête de mât pour enfin récupérer cette maudite balancine, dont la manille en extrémité de bôme s'était ouverte au début de la traversée et qui s'était enroulée bien serrée a mi-hauteur du pataras et nous narguait depuis quatre jour. 



Nous voici donc de retour dans les Caraïbes, sept années ont passé... Les eaux sont ici toujours aussi bleues et aussi claires; c'est d'ailleurs-là une très bonne occasion de vérifier notre carène qui doit être couverte d'anatifes et dans un état de saleté horrible depuis le dernier nettoyage effectué à St-Hélène. Et là, miracle! Jamais, depuis la remise à l'eau en NZ, nous n'avons eu une carène aussi propre: pas un bernique, pas un anatife, pas de barbe verte ni de couche gluante. Une carène toute nettoyée des opercules des berniques du Pacifique et d'un blanc absolument parfait! La raison? Notre séjour de trois semaines en eau douce en Guyane, puis de nouveau en eau de mer et probablement aussi l'effet légèrement abrasif du frottement des sargasses au niveau de la ligne de flottaison dont nous entendions le chuintement. Quoiqu'il en soit, au vu de l'état de la carène, même si  une bonne couche d'antifouling serait appréciable, nous décidons de ne pas mettre à sec pour caréner ici aux Antilles car étant donné le tarif de levage et la difficulté de trouver notre antifouling Trilux33 en blanc, il nous apparait plus simple et plus sage d'attendre tout bonnement notre prochain retour en France pour faire ça sans se presser et avec le bon produit.


Marie-Galante est une escale idéale, un petit paradis, les Antilles d'il y a longtemps nous disent les guadeloupéens. Champs de canne, anciens moulins à vent, charrettes à bœufs et distilleries artisanales donnant le fameux rhum agricole titrant 59°et, le plus important, la gentillesse des habitants. Une ile très tranquille, encore préservée du grand tourisme de masse et de la horde furieuse et bruyante des voiliers de location qui encombrent les autres mouillages plus accessibles et plus réputés des Antilles, comme les Saintes, nous en reparlerons... 

Nous retrouvons Gil du voilier Cholgas, cet oiseau du large qui nous avait donné l'idée de cette escale et qui est arrivé ici à Saint-Louis il y a déjà quelques semaines, sans avoir oublier de nous laisser un petit message accroché sur une des bouées de St-Helene, que, malheureusement, nous n'avons pas découvert et qui prépare maintenant tranquillement son prochain projet: le passage du Nord-Ouest.



After a night's rest, Laurent climbs the mast to retrieve the boom lift which had detached and twisted itself around the back-stay during the entire passage from French Guiana. We move Galatée to the pretty anchorage of Saint-Louis. Yes we are back in the Carribeans (after 7 years)... back to the warm and crystal clear waters at last. Impatient to inspect the hull, which we fear to be covered with barnacles, weedy 'beards' and grime since our last attempt to careen at Sainte Helena, we are pleasantly surprised to find it extremely clean, as white as if it has just been repainted! The 3 weeks in the fresh waters of French Guiana's rivers have done wonders, and it is possible that the great patches of gulfweed that rubbed against the hull (the 'noise' of which is quite loud actually, sounding like a long 'shoooosh' as the gulfweeds pass under the boat) during our journey from French Guiana have also helped. All barnacles and remaining shell or weed growth from the Pacific, Indian and South Atlantic are gone without a trace! All Galatée needs now is a new coat or two of antifouling, but given the high costs of hauling out here in the Carribeans, plus the seemingly unavailability of Trilux 33 antifouling in white colour, we may very well postpone the careening job to be able to do a proper, stress-less and complete one only when we return to France.


Marie-Galante is a perfect stop, a little paradise with wonderfully friendly people, beautifully scenic with its sugar cane fields, traditional chariots pulled by magnificent bulls, habitations (cane plantations and sugar refineries which were prosperous during the colonial days before the abolition of slavery) restored into museums, windmills (remnants) and the rum distilleries of Bellevue, Bielle and Père-Labat, not forgetting the white sand beaches and the ocean in various shades of blue, reminiscent of south pacific.  The island is still relatively free from mass tourism and the anchorages are not (yet) overly-visited by charter yachts, unlike some other islands in Guadeloupe (especially Terre de Haut in the Saintes). We spend more than a week here exploring, relaxing, with local créole cuisine, delicious coconut sorbet and,  of course, homemade ti-punch (with local 59° white rhum).  

We reunite as well with Gilbert (Swiss single-handed, S/Y Cholgas, whose path we have crossed since New Zealand), it is he who recommended the island as a stopover and who tells us that he (having left Cape Town on the same day as us) had left us a written message on Mooring buoy # 5 at Sainte Helena's Jamestown, which we unfortunately did not read! A jolly get-together, before Gil embarks on his next big journey, north-west.



14/03/2018

Vers les Caraïbes_To the Carribeans


Nous effectuons une rapide traversée durant laquelle nous affichons notre record de 180 milles parcourus en 24 heures! Malgré cette allure soutenue, il nous est impossible de pécher à la traine, car la mer est couverte de bancs de sargasses dès 100 milles au large de la cote guyanaise et celles-ci finissent invariablement en gros paquets sur l'hameçon du leurre. Nous atterrissons sur la cote Sud-Ouest de Marie-Galante en début de nuit le 14/03 avec d'infinies précautions: sous GV seule puis au moteur, au petit ralenti, Shu-In postée sur le balcon avant et équipée de notre plus puissante lampe frontale pour signaler les innombrables casiers, marqués le plus souvent par une simple bouteille plastique se ballotant en surface, au travers desquels nous zigzaguons jusqu'au mouillage temporaire devant la plage des trois-ilets.

A rapid passage from French Guiana, marking a record of 180 nautical miles over 24 hours. Despite our speed, fishing is an impossible task throughout our journey due to the incredible quantity of floating gulfweed, encountered as early as 100 nautical miles north of Guiana's coast.  All we succeed in pulling out are bunches of gulfweed hanging obstinately onto the fishing hooks... We make landfall at Marie-Galante (the almost round crepe-shaped southern island of Guadeloupe) after sunset on 14/3, with Shu-In at the bow shining our most powerful frontal lamp looking out for fishing traps or lines as we approach the anchorage of 'Les Trois Ilets'... and there are many such traps, mostly in the form of a small plastic bottle bobbing indiscreetly on the surface, obliging us to zigzag very slowly our way through.

09/03/2018

Criques du Maroni_Maroni Creeks





Nous quittons St-Laurent en descendant le fleuve pendant quelques miles puis nous pénétrons dans les criques, petits affluents du Maroni, qui serpentent dans la foret primaire amazonienne en zone amérindienne. Nous passons trois jours à naviguer au moteur, au petit ralenti, dans cette espace de rêve au milieu de la foret, avec le mât qui frôle parfois les branches des arbres qui surplombent les criques, émerveillés par l'exubérante de la vie, les cris et les vols des perroquets qui reviennent sur leur arbre en soirée, les cris des singes hurleurs, les papillons de tailles gigantesques...

Au bout de la crique Coswine, à un demi mile de notre mouillage dans le "lac", nous réussissons, grâce aux informations que Denis (Chuity-Liba tours) nous a gentiment passées, à trouver le site de l'ancien camp des balatistes, ou camp Coswine. Aujourd'hui il ne reste plus, perdus au milieu de la foret, que quelques piliers en briques d'une habitation disparue, un four à pain et un puits, également maçonnés en briques (les omniprésentes briques de l'AP), de ce camp forestier où les bagnards étaient envoyés pour collecter le balata rouge, sève de l'hévéa local. Ce camp, utilisé entre 1900 et 1918 et à ranger avec les autres fameux camps de l'AP: Charvein, km24...


Nous reprenons la crique Coswine en direction du fleuve et mouillons devant le petit village amérindien kali'na d'Ayawande où nous sommes très bien accueillis par les deux familles qui vivent ici. Nous discutons longtemps, des histoires que les grands-parents racontaient sur le camp Coswine, de la préparation de la cassave et de la pirogue en bois angélique que Gaëtan est en train de construire patiemment à l'herminette. 

Nous quittons la Guyane française le 9/3, ce merveilleux pays de forets, de fleuves et d'aventure avec de beaux souvenirs et une certaine envie d'y revenir pour découvrir plus en profondeur les amonts des fleuves et en particulier le sud de la Guyane. Notre sortie du Maroni sera très pénible et inconfortable de part le NE fort qui s'oppose au courant de jusant et qui crée un méchant clapot dans lequel Galatée plante des pieux. Nous passons la bouée M1 juste à l'étale de basse-mer avec le début du flot qui, à son tour nous ralenti. A quelques encablures de la bouée M1, nous envoyons le solent et tirons un long bord de prés, vers le Nord, pour aller chercher un peu plus de profondeur avant d'abattre un peu, direction les Caraïbes vers St-Louis de Marie-Galante (Guadeloupe). 

Our journey on river Maroni and its Amazonian rainforest is completed with a 3-day trip, motoring serenely on Galatee, into the creeks on our way out back towards the Atlantic. Here we experience the wilderness and the peace and quiet of these waterways, with gigantic blue or yellow butterflies zipping around the boat. We are surrounded by mangroves and forests full of wildlife, which we hear but are unfortunately not easy to see - parrots, woodpeckers, toucans (maybe...), and monkeys. 

We manage to find as well the ruins of the forest camp (Camp des balatistes or Camp Coswine) upriver on the Coswine creek, not far by dinghy from the very calm anchorage at the 'lake' (not really a lake, but the river is exceptionally wide here) thanks to detailed directions given to us by Denis of Chuity-Liba tours. The camp, we understand, was one of the handful of places where the worst-punished convicts were sent to collect sap from the local hevea (rubber) trees. What remains of the camp, are parts of the brick foundations of a habitation, a well, and a brick-oven, again, giving a 'creepy' reminder of the isolation of the prisoners. 
We continue our journey out on the Coswine creek, mooring for a night in front of the Amerindien kali'na village Ayawande, where very welcoming folks of two familities, share with us their grandparents' stories about these camps, their pirogue-building project, as well as their traditional method of preparing tapioca flour, soup base (tapioca juice is toxic uncooked, but delicious as a soup base!) and of course, cassave bread.  

Leaving French Guiana with fond memories and a desire to return, our stay having been too short to explore the rivers and especially the south of Guiana, we  exit the Maroni in the afternoon of 9/3 with the last 2+ hours of the outgoing tide, reaching buoy M1 after a terribly bumpy ride, just as the low tide slack passes and the incoming tide starts to slow us down. The way out of a river is almost always tough and uncomfortable with the wind in the nose and against the outgoing current creating a choppy sea. We head leewards as soon as we clear the buoy M1 in search of deeper waters, direction Carribeans, towards the island of Marie-Galante (Guadeloupe) over 730 nautical miles away.