Nous sommes début mai. Nous notons que les alizés n'ont pas l'intention de mollir ni d'ailleurs de basculer légèrement au sud-est (comme la saison le voudrait) d'ici quelque temps et notre intérêt pour Antigua s'étant totalement érodé pour ne plus laisser qu'une très forte envie de changer de lieu, nous nous lançons sur la transat retour vers l'Europe le 08/05 en sachant que l'anticyclone des Acores n'est pas favorablement positionné et que les conditions ne sont donc pas optimales pour une traversée directe et rapide. Peu importe, la stratégie de départ reste de toute manière la même, faire du Nord-Est en serrant le vent pendant cinq à six jours et espérer ensuite accrocher le bord Nord-Ouest de l'anticyclone, vers 34 ou 35 degrés de latitude Nord, sans trop avoir à faire de moteur pour traverser la zone centrale sans vent puis récupérer alors du portant. Stratégie générale que nous aurons tout le loisir d'adapter car d'ci notre approche de ces latitudes ('Horse' latitudes) les choses auront eu le temps d'évoluer...
Nous nous mettons
donc en route après un mois d'escale et les premiers jours sont un peu
difficiles car nous naviguons au près sous Solent contre les alizés dans une
mer formée dans laquelle Galatée cogne fort et qui balaye régulièrement le pont
et passe par dessus la capote. Passé ces premiers jours les conditions
s'améliorent significativement. Nous trottinons au bon plein dans une gentille
brise d'Est durant une semaine sous un temps magnifique. Ciel bleu et petits
cumulus de beau temps avec en prime un joli thon rouge de 7 à 8 kg qui nous
apporte plus de trois jours de bons petits plats cuisinés, 8 conserves au
vinaigre et 6 gros filets salés et séchés (que nous consommons comme du jambon,
notre serrano de la mer) ainsi qu'un calamar capturé selon une technique de pêche
absolument inédite, baptisée Matriochka!
Au fur et à mesure que nous nous rapprochons de l'axe de la dorsale anticyclonique, le temps mollit de plus en plus et nous envoyons régulièrement la jolie bulle bleu azur de notre spinnaker asymétrique dont les 80 m2 nous permettent de nous déhaler sans avoir à lancer le moteur. Pas vite, certes, mais sous voiles! Mais l'usage du moteur reste parfois nécessaire. Encalminés pour de bon le 20/05 nous lançons la risée Perkins pour rejoindre la zone où nous sommes à peu près sûrs de récupérer un peu de vent d'Ouest. Le 21/05 au matin, après 12 heures de moteur, nous accrochons les vents légers du bord Nord de l'anticyclone, envoyons le spi et laissons derrière nous la zone de calmes. Nous marchons bien les jours suivants en profitant des vents d'Ouest et des bouffées de Sud-Ouest des fronts froids des dépressions qui, au Nord de notre route, courent vers le Nord-Est, de la Floride jusqu'au iles Britanniques et se succèdent à deux ou trois jours d'intervalle. Ces bonnes conditions nous amènent rapidement vers notre destination de Horta sur l'ile de Faial que nous touchons le 31/05 en ayant égalé très exactement notre traversée de 2011, couvrant 2505 miles en 23 jours et seulement 12 heures de moteur. Durant cette transat, nous avons croisé beaucoup de dauphins, puffins et de galères Portugaises (physalies) ainsi qu'une bonne dizaines de cargos et de voiliers, mais à notre grande déception, pas de cétacé.
Au fur et à mesure que nous nous rapprochons de l'axe de la dorsale anticyclonique, le temps mollit de plus en plus et nous envoyons régulièrement la jolie bulle bleu azur de notre spinnaker asymétrique dont les 80 m2 nous permettent de nous déhaler sans avoir à lancer le moteur. Pas vite, certes, mais sous voiles! Mais l'usage du moteur reste parfois nécessaire. Encalminés pour de bon le 20/05 nous lançons la risée Perkins pour rejoindre la zone où nous sommes à peu près sûrs de récupérer un peu de vent d'Ouest. Le 21/05 au matin, après 12 heures de moteur, nous accrochons les vents légers du bord Nord de l'anticyclone, envoyons le spi et laissons derrière nous la zone de calmes. Nous marchons bien les jours suivants en profitant des vents d'Ouest et des bouffées de Sud-Ouest des fronts froids des dépressions qui, au Nord de notre route, courent vers le Nord-Est, de la Floride jusqu'au iles Britanniques et se succèdent à deux ou trois jours d'intervalle. Ces bonnes conditions nous amènent rapidement vers notre destination de Horta sur l'ile de Faial que nous touchons le 31/05 en ayant égalé très exactement notre traversée de 2011, couvrant 2505 miles en 23 jours et seulement 12 heures de moteur. Durant cette transat, nous avons croisé beaucoup de dauphins, puffins et de galères Portugaises (physalies) ainsi qu'une bonne dizaines de cargos et de voiliers, mais à notre grande déception, pas de cétacé.
La
marina de Horta, qui il y a sept années était déjà très fréquentée au printemps
est maintenant archi bondée, les voiliers se retrouvant à couple sur quatre
rangées. Les rallyes de l'ARC et de l'ABC phagocytent totalement les
emplacements et la course à la démesure sur la taille des bateaux de croisière
n'aide pas non plus. Résultat, nous nous retrouvons à l'ancre comme une
douzaine d'autres voiliers en attente de place en espérant que nous pourrons récupérer
notre ancre sans trop de difficulté (nous avons oringué par sécurité) car
d'autres bateaux ont eu leur ancre engagée dans des vielles chaînes et ont du
faire appel à des plongeurs.
The first week of May passes. Seeing that the easterly trade winds are
neither about to relent, nor about to turn south-east (as it 'normally' does in
the season), and getting seriously bored after yet another week in Antigua and
itching to go, we decide to set sail on 8/5 for our fourth north-Atlantic
crossing. Even though the Azorean High is not (yet) well positioned for a fast
and direct journey, the strategy in any
case remains the same: head north, or north-northeast when possible, close
reaching as much as we can during the first week or so. Aiming to attain the
latitude of 34 or 35 degrees North, we hope to be able to reach the
northwestern tip of the North Atlantic High (that varies in size and position,
but centres usually around the Azores and stretching west, sometimes as west as
60 or 70 degrees longitude) without having to do too much motoring - the centre
of the High being always becalmed. The weather GRIB files are good for four
days anyway, and we will adapt our route as we progress.
Setting sail after a month of anchorages is always tough, especially if
close-reaching in 20-25 knots of winds, and with 2 or more metres of swells. Fortunately,
after the first two days of discomfort (during which the deck and cockpit get
constantly washed by waves), conditions improve significantly. Galatée trots on
comfortably in slight eastern breezes for another week, with beautiful sunny
weather, blue skies and fluffy tradewind clouds. As a plus we catch a 7-8 kilos
tuna on 15/5 (after several days of ridding the line of weeds), This huge catch
includes a deliciously fresh squid probably gobbled by the tuna just seconds before
she bites our line, different dishes for 3 days, 8 pots of conserves in
vinegar, and 6 large dried salted filets. 5-6 days of very, very light winds
follow, during which we manage to sail serenely with our bright blue spinnaker.
We limit our motoring hours to only 12, during a totally becalmed night (20 -
21/5), so as to reach a position where we are more or less certain we will catch
westerly winds. Thereafter, with westerlies of the Azorean High, and
southwesterlies from a series of cold fronts sweeping eastwards north of us,
Galatee makes good speed of 6 knots or more to cover the rest of the eastward
journey to the Azores island of Faial. We match our 2011 record of 23 days,
covering 2505 nautical miles, and proudly with only 12 hours of motoring. Dolphins,
Shearwaters, and numerous beautiful Portuguese Man-of-War (Physalies), a dozen
of freighters and sailing yachts, but unfortunately, no sighting of whales this
time.
We enter the port of Horta just after noon of 31/5, only to find it full to the brim, spilling over literally. Unfortunately for us in terms of timing, more than 30 boats from the ARC Europe rally (and other similar rallies such as the ABC - Atlantic Back Cruising) arrive before or at the same time as us. The increase in size of current day yachts does not help either, each monster taking up so much space! We find a quiet spot to anchor at the southern end of the harbour, joining 2 dozens or more boats unable to find a space in the marina, hoping that at the end of our stay in Horta we will have no trouble weighing anchor (as some other yachts have had their anchors lodged in rocks or entangled in chains....).
We enter the port of Horta just after noon of 31/5, only to find it full to the brim, spilling over literally. Unfortunately for us in terms of timing, more than 30 boats from the ARC Europe rally (and other similar rallies such as the ABC - Atlantic Back Cruising) arrive before or at the same time as us. The increase in size of current day yachts does not help either, each monster taking up so much space! We find a quiet spot to anchor at the southern end of the harbour, joining 2 dozens or more boats unable to find a space in the marina, hoping that at the end of our stay in Horta we will have no trouble weighing anchor (as some other yachts have had their anchors lodged in rocks or entangled in chains....).










