Nous profitons des
conditions calmes du mouillage de Nosy Hara pour réparer rapidement la capote
de descente dès le lendemain en transformant le carré en atelier de sellerie. En
fin d'après-midi, quand, satisfaits, nous levons enfin le nez de notre travail
de sellerie maintenant achevé, le vent a déjà tourné Est et commence à souffler
frais. Nous sommes maintenant au vent du récif avec un clapot inconfortable
mais les conditions sont encore acceptables. En début de nuit le vent d'Est
monte encore d'un cran et fait passer les conditions au mouillage d'inconfortables
à carrément intenables avec Galatée qui enfourne dans les vagues et qui soulève
de manière inquiétante sa ligne de mouillage. Nous levons l'ancre en urgence et
contournons le Nord de Nosy Hara en suivant notre précieuse trace GPS
d'approche mais la nuit étant d'un noir d'encre, nous taillons la route vers le
large vers les iles Mistsio car, sans visibilité, il est vain de rechercher et
de prendre un autre mouillage sur la cote Ouest de l'ile, frangée de récifs. La
sécurité est au large.
Nous capitalisons donc
notre première leçon sur l'usage des mouillages de la cote ouest de Madagascar
et en particulier sur la prise en compte des brises thermiques qui gouvernent
la navigation tout le long de cette longue cote, du cap d'Ambre jusqu'à Tuléar.
Despite the fatigue from the crossing, we make
full use of the calm conditions at Nosy Hara to quickly repair our torn dodger,
transforming the interior of Galatee into a canvas workshop. The lake-like calmness lasts only into the
late afternoon of 16/9, when the winds turn east and start to strengthen. We
manage to advance pretty well in the repair works, but hurriedly stow all our
tools and our Sailrite sewing machine away as the east winds start to really
pick up in the early evening with a worrying fetch causing Galatee to start
bouncing on her anchor chain. We find ourselves with the aft of Galatee
dangerously close to the reef and the beach. We make a quick (and wise)
decision to weigh anchor just before dusk, following our GPS tracking out of
the anchorage and around the north of the island. The night falls quickly, and
with no light to guide us in identifying a safe anchorage on the west coast of
Nosy Hara, we set our sails for a night journey south towards the Mitsio group
of islands, knowing that our security lies out at sea, away from the reefs.
This first experience of the wind rotations all
along the west coast of Madagascar sets the golden rule to our choice of
anchorages at the Nosy's (meaning islands), as well as the sailing timing and
strategies, taking into account in particular the thermal breeze patterns.
(Further details will follow).
Nous progressons
vers le Sud vers Nosy Be où nous ferons notre entrée officielle dans le pays.
Mais en attendant cette escale, nous flânons le long de cette cote sauvage en
visitant quelques unes des îles qui la bordent. Iles sèches, arides, îles de terres
rouges ourlées de falaises de basalte, frangées de palmiers et de dunes de
sable. Paysage de lumière écrasé sous la chaleur implacable de ce ciel sans
nuage du canal du Mozambique. Apres quelques jours aux îles Mitsio dans la baie
de Maribe, nous passons les quatre frères puis faisons une courte escale sur Tsara
Bajina, magnifique petit îlot (à basse mer surtout) qui est malheureusement
devenu la propriété d'un hôtel haut de gamme, un ghetto de luxe exotique pour
riches touristes qui gâche à peu près tout. Nous n'y faisons de toute manière
qu'une courte escale car le mouillage est intenable du début d'après-midi jusqu'en
début de nuit, quand la brise SW s'en donne à cœur joie et fait rouler le
bateau bord sur bord à nous dévisser la tête...
Progressing
south whilst we head towards Nosy Be (where we are to officially check-in into
Madagascar), we take our time to appreciate this wild coast dotted with dry and
arid islands, the reddish lands fringed by basalt cliffs, palm trees and sand
dunes : rugged landscapes under the scorching heat of the cloudness sky of the
Mozambique Channel. After a few restful
days in the Bay of Maribe on Nosy Mitsio (sighting our first zebus - beautiful
creatures!), we head to Tsara Bajina, a magnificently pretty little island,
notably at low tide, which has (unfortunately) been turned into a luxury resort
island for the benefit of rich tourists in search of an exotic getaway. In any
case, the anchorage is definitely one of our worst experiences, with the
south-west winds and swells making the anchorage terribly rolly and extremely
uncomfortable from mid-afternoon and lasting into the early hours of the
morning.
En route vers Nosy
Be nous prenons un mouillage de circonstances à Nosy Komba où nous patientons
tranquillement jusqu'au lendemain matin très tôt afin de naviguer
confortablement avec la brise d'Est vers Hellville où nous faisons notre entrée
le 22/09. Nous n'y restons que le temps nécessaire pour effectuer les
formalités et pour se régaler d'un pavé de zébu à l'Oasis. La ville est
attrayante, propre et débordante d'activité. Les tuk-tuk jaunes Piaggio sillonnent
la ville en tous sens et nous permettent pour 500 Ariary la course urbaine de
régler rapidement toutes nos affaires dans la matinée. Celles-ci étant soldées,
nous bougeons le bateau de cinq milles plus à l'Ouest dans la baie du cratère
qui abrite une sympathique petite "marina" sur coffres qui offre plus
de facilités que le port de Hellville et qui accueille la flotte des voiliers
croisant dans les parages, voiliers de voyage et charters.
We
weigh anchor as soon as the sun rises, making a 'forced' stop at Nosy Komba in
the evening as we find the winds and currents of the narrow channel between
Nosy Komba and Nosy Be strong and against us. Instead of fighting the elements,
we rest a night before sailing comfortably with the east winds on the morning
of 22/09 into the Bay of Hellville at Nosy Be. We stay just a few hours to
complete our immigration and checking-in procedures and enjoy a delicious Zebu
steak at the Oasis restaurant. Hellville is an attractive town, clean and full
of activity. On land, yellow Piaggio tuk-tuks (taxis) are abundant and brighten
up the streets in their large numbers, a convenient means to get around for
just 500 Ariary per person. And at sea, huge sailing canoes make the journey to
and from the mainland in tune with the thermal breeze patterns, a fast and
economical way for their transport of people and goods.
Il y a beaucoup de
voiliers dans la baie du cratère et la zone de mouillage étant bondée nous
tournons un bon moment avant de décider de prendre un coffre libre. Nous avons
de la chance car celui-ci appartient à un charter qui est en croisière pour
quelques jours et nous pouvons l'utiliser gratuitement. Nous profitons de cet
endroit sympathique et pratique, situé à dix minute à pied du village du
Cratère et de son marche coloré débordant de produits frais locaux.
We move 5 nautical miles west to the Crater Bay, recommended to us by
Phillippe and Gaelle of S/Y Gaia (from Mauritius, who we met at Nosy Mitsio).
The little 'marina' (equipped with mooring buoys and a pontoon for dinghies) is
the meeting point and 'home' to sailing charters and round-the-world cruisers
like us, providing a friendly and cosy environment with a great restaurant,
showers, books to exchange, potable water etc at a short 10 minutes walk into
the village where we find a lively local fish and vegetables market, and a
well-provisioned groceries shop. The
mooring area is however very crowded, and we are lucky to find a buoy available
as the owner (a charter catamaran) has just left for a sailing cruise lasting a
week or so.
Nosy Be est la
plateforme touristique du Nord-Ouest de Madagascar, mais elle reste néanmoins
très belle et, en dehors des lieux de concentration tel Ambatoloaka, assez
traditionnelle. Elle est aussi une base idéalement située pour explorer pendant
quelques semaines en voiliers la cote Nord-Ouest de Madagascar entre les
Mitsios au Nord et la baie de Moramba au Sud avant de faire le saut vers
l'autre coté du canal, vers le Mozambique ou directement vers l'Afrique du Sud.
La plupart des
voiliers de voyage adoptent d'ailleurs cette stratégie de croisière et cela est
légitime. Pour notre part, Madagascar c'est aussi et surtout le Sud, ses
estuaires aux fleuves couleur de rouille frangés de mangroves et ses multiples petites
iles bordées de récifs coralliens, peuplées par les pécheurs Vezo. Qui plus est,
nous avons un rendez-vous important, pris depuis des années. En effet, nos amis
Jean-Marie et Christiana attendent notre visite dans leur villégiature à Tuléar
et nous sommes impatients de les retrouver.
Nosy
Be is THE tourist platform for the north-western part of Madagascar, but the
island globally has maintained its charm and traditional beauty (with the
exception of places like Ambatoloaka which is the Madagascar equivalent of the
most touristic beaches of Phuket or Bali). Nosy Be is also an ideal base for a
sailing exploration of the north-west coast between Nosy Mitsio and the Bay of
Moramba, with some charters stopping further south at Mahajunga.
Many round-the-world sailboats leave Madagascar from Moramba or Mahajunga to cross the Mozambique channel, either to sail the coast of Mozambique or directly to South Africa. While this is of course a legitimate strategy, we have planned to see the south-western coast of Madagascar, with the red-rust coloured waters of its many estuaries fringed with mangroves, white sand beaches and coastal villages of the 'Vezo' tribes. More importantly, our 'rendez-vous' with our friends Jean-Marie and Christiana has been agreed since 2015, and we are longing to meet up with them in Ifaty and Tulear, our final stopping points in Madagascar.
Nous quittons donc Nosy
Be le 26/09 vers le Sud direction la baie des Russes, ainsi nommée à cause d'un
navire de guerre Russe mutiné qui y aurait trouvé refuge durant la guerre
Russo-japonaise de 1905. La baie est magnifique, encore sauvage et le mouillage
très bien protégé. L'eau y est claire et le poisson abonde. André, Autrichien,
qui vit ici depuis quelques années avec sa famille Malgache dans une jolie case
en bord de plage, nous accueille gentiment et nous renseigne sur les balades
environnantes. Nous y restons trois jours en compagnie de deux autres voiliers.
And
so we leave Nosy Be on 26/09 to Russian Bay, which got its name from a mutiny
of the crew of a Russian warship in 1905 during the Russo-Japanese war. Russian
Bay is very pretty, still wild, with a well-protected anchorage. The waters are
clear and brimming with fish life. Here we sight our first lemurs, 2 males, black
and almost cat-like, in the gardens of André, an Austrian, who lives here with
his Malagasy family and who proposes meals and drinks and a few grocery items
to passing sailboats.
Nous faisons ensuite route vers la baie de Baramahamay en passant l'ile de Nosy
Antsoha puis Nosy Iranja où nous tentons un mouillage devant la plage à l'eau
turquoise, mais la petite houle du Nord rend le mouillage très rouleur et nous devons
passer notre chemin. Le village de Baramahamay est un petit village très
attrayant où les villageois sont ravis de proposer du miel sauvage et des
crabes de mangrove, qu'il convient, bien sur, de négocier au prix
"Gasy" à partir du prix initial "Vazaha". Un autre village,
uniquement accessible en annexe, se trouve en amont de la rivière qui serpente
dans la mangrove.
Next stop : the Bay of Baramahamay on the mainland, where
villagers from a small and very clean traditional village welcome us, with
children clinging to us, and where we buy wild honey and mangrove crabs...
yummy and at a most reasonable price once we succeed in bargaining down the
prices from the initial 'Vazaha' (tourist) price to the normal 'Gasy' (local /
Malagasy) prices.
Nous perfectionnons
l'utilisation de la brise thermique qui globalement, en l'absence de vent
synoptique fort, a une rotation antihoraire très régulière. La brise de mer
commence à se lever gentiment au Nord-ouest ou à l'Ouest vers 10h30, souffle 10
nœuds entre 11h00 et 12h00, puis fraichit en tournant Ouest ou Sud-ouest 15
nœuds vers 15h00 pour mollir vers 17h00 et tomber complètement vers 19h00. La
brise de terre, en général plus modérée, se lève vers 21h00 et souffle Sud-est
ou Est, en tournant lentement Nord-est jusqu'en début de matinée, pour tomber
complètement.
En utilisant ce
cycle de brise on peut ainsi, en quittant le mouillage en milieu de matinée,
couvrir paisiblement sous voile 30 milles sur une mer généralement plate et
arriver avec suffisamment de lumière pour prendre le mouillage suivant. Il est
intéressant de noter que les modèles GFS du NOAA prédisent très correctement
les brises thermiques sur cette cote.
Les brises
thermiques conditionnent aussi le choix des mouillages. En particulier ceux des
îles, qui sont exposés à cette rotation du vent de 360 degrés, pour lesquels nous
avons trouvé pertinent de choisir le coté de l'île qui privilégie la protection
du secteur Nord-ouest à Sud-ouest, la brise de terre de secteur Est étant plus
modérée et le fetch, pour ces îles côtières, limité (sauf pour Nosy Hara...).
Les conditions, la nuit avec la brise de terre, peuvent être un peu rouleuses
ou clapoteuses mais sont en général tout à fait tenables, si l'on a, bien sûr,
bien pris en compte l'évitage...
We
have by this time 'perfected' our use of the thermal breezes which globally, in
the absence of strong forecasted winds, rotate anti-clockwise in a most regular
manner. Like clockwork, the sea breeze starts gently from the Northwest or from
the West around mid-morning, picking up gradually to 10 knots near midday, and
strengthens as it turns West or Southwest around 3 p.m., then weakening at 5
p.m. before dying out at around 7 p.m.. The land breeze on the other hand, is
generally weaker, starting at 9 p.m. from the Southeast or East and turning
slowly Northeast in the early morning, disappearing completely to 'give way' to
the sea breeze.
Using these breeze cycles, we leave our anchorages in mid-morning,
sailing comfortably for around 30 nautical miles on a flat sea to arrive early
enough at our next stop with sufficient light. It is interesting to note that
the GFS wind forecasting models of the NOAA are very accurate along this coast.
The
thermal breezes determine as well the choice of anchorages. In particular, at
the islands, which are exposed to this wind rotation pattern of 360 degrees. We
find it pertinent to choose the side of the island which privileges protection
from Northwest to Southwest, as the land breezes from the east are less strong
during our passage. Sometimes it does get a little rolly and bumpy, but
generally we are alright, after taking into account anchorage space and
distance from the shore to enable the boat to turn freely with the winds.
Nous restons deux
jours a Nosy Saba, mouillés derrière une langue de sable qui nous apporte un peu
de protection. L'eau y est claire (surtout à marée basse) et le corail y est
exceptionnel en diversité et en santé. A l'identique de Tsara Bajina, l'ile
abrite au NW un hôtel de luxe avec sa piste d'atterrissage privée, qui semble étrangement
vide et léthargique dans l'attente de clients.
Thus
with these considerations in mind we spend two days at Nosy Saba, anchored
behind a sandy spit that provides sufficient protection. The snorkelling (at
low tide) here is wonderful, with the corals abundant in variety and in good
health too. Similar to Tsara Bajina, Nosy Saba has a luxury hotel on its northwestern
beach, complete with their own aircraft landing strip. With the tourist season
coming to an end, the hotel premises are strangely quiet and empty.
Le 04/10 nous
entrons dans la magnifique baie de Moramba. Le site est d'une grande beauté
avec ses rochers en surplomb sculptés par l'érosion, ses plages vierges, ses
grands baobabs et les nombreux lémuriens que l'on peut rencontrer en se
promenant dans la foret côtière. Nous y restons quatre jours, bien protégés, en
attendant que le vent qui souffle en rafale à 30 nœuds du Sud-Est mollisse un
peu.
From
Nosy Saba we make our way on 04/10 into the magnificent bay of Moramba. A site
that can easily boast its wild beauty, with huge rock structures sculptured by
nature's erosion, untouched beaches, giant baobabs and the numerous lemurs that
we sight as we walk along the coastal forest paths. Here we stay 4 days, well
protected at our anchorage from southeast gusts (up to 30 knots).
Le 08/10, le régime des brises thermiques modérées s'étant rétabli, nous
reprenons alors notre navigation paisible vers la baie de Mahajamba puis vers
Mahajunga en compagnie des innombrables pirogues à voiles, petites et grandes, qui
sillonnent cette cote.
When the
thermal breezes finally regain their clockwork regularity on 08/10, we
set sail towards Mahajunga, accompanied by a huge fleet of sailing canoes of
all sizes.
Nous traversons l'estuaire couleur de rouille de la Manombolo
et prenons le mouillage devant le petit village de Katsepy, en face de
Mahajunga, juste de l'autre coté du fleuve. Nous avons choisi de ne pas
mouiller devant la ville de Mahajunga, car le mouillage est très exposé au Sud
et les conditions de sécurité et sanitaires sont, pour le moins, incertaines.
En effet, Mahajunga est victime (comme chaque année en début d'été) depuis
quelques semaines d'une épidémie de peste bubonique et de peste pulmonaire, cette
dernière tuant en moins de 48 heures. Sans être paranoïaques, les cas avérés
étant peu nombreux, nous décidons néanmoins de garder notre distance avec la
zone portuaire et ses rats...
Having decided not to anchor at the main town of Mahajunga (which is
exposed to south winds and for the time we are there, suffers a bad reputation
in terms of security and health concerns), we cross the red Manombolo river to
drop anchor in front of the small village of Katsepy, which is situated on the
other side of the river from Mahajunga. In fact, the plague (bubonic and
pulmonary) has severely affected several of Madagascar's main towns (a serious
problem every year in summer). Even though the actual number of cases in
Mahajunga are reported to be low, we decide to keep our distance from the port
areas and its (possible) rats...
Katsepy est un tres
agréable mouillage, confortable, animé et pratique. Le petit marché de fruits
et légumes du village et le restaurant de Christiane Chabaud nous permettent de
subvenir à tous nos besoins et de séjourner très confortablement. Nous
recommandons ce mouillage à partir duquel on peut
se rendre facilement à Mahajunga en moins d'une heure en vedette rapide.
Katsepy
is moreover a very comfortable anchorage, convenient and animated. The small
fruit and vegetables market as well as the restaurant of Madame Chabaud provide
all the facilities and provisioning necessary during our stay, with lemurs in
the gardens as a plus, while we wait out (yet another) few days of strong south
winds that 'bar' our journey south towards Ifaty and Tulear.
































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