Après les deux
semaines de fêtes exceptionnelles de la St-Jean (Sanjoaninas) que la situation
météorologique compliquée nous a finalement imposées, nous profitons d'un
déplacement temporaire de l'anticyclone, bousculé par un front, pour tenter
notre chance en ayant la possibilité de faire du Nord pendant trois jours avant
de pouvoir, peut-être, faire de l'Est vers les cotes françaises si nous sommes
chanceux.
Nous profitons de
conditions très clémentes pour ne pas dire molles et assez classiques de l'été
dans l'Atlantique Nord sous ces latitudes: situation anticyclonique marquée,
ciel très clair avec petits cumulus cotonneux, mer peu agitée à belle qui nous
permet d'admirer à loisir les crêtes fuchsia des multitudes de physalies (galères
portugaise) qui, aussi belles que dangereuses, voguent voile haute dans leur
tour d'Atlantique permanent. Nous longeons le bord de l'anticyclone dans du
petit temps au prés bon plein ou au largue vers le NNE sur un cap calé vers le
SW de l'Irlande afin de contourner la zone de vents de NE bien établis et assez forts qui est
installée sur le golfe de Gascogne, la Manche et le Sud de l'Angleterre. Nous
espérons ainsi pouvoir repiquer vers le SE, vers La Rochelle, dès la latitude
de Brest atteinte ou dépassée. Nous progressons en alternant les manœuvres:
sous génois la nuit et assez régulièrement sous spinnaker le jour, et réussissons
à progresser lentement mais sous voiles et à couvrir tres honorablement en
moyenne 100 milles par jour. Nous croisons aussi quelques cargos et voiliers
sur cette route assez fréquentée et faisons même un brin de chemin en compagnie
du voilier Bubu de St-Malo auquel nous transmettons en vacation VHF la
situation météo que nous recevons par Fax de Northwood quotidiennement.
Le 06/07, nous
découvrons quelques litres d'eau dans les fonds, de l'eau douce...Rebelote,
comme dans notre transpacifique en 2016, nous découvrons que le nouveau (2016)
réservoir d'eau arrière (notre principale réserve) fuit légèrement. Nous
transvasons toute l'eau en utilisant tous les contenants disponibles afin de
pouvoir inspecter le réservoir. Fort heureusement, l'avarie est mineure: le réservoir
est intègre, seul un collier de fixation d'embout est légèrement desserré.
Resserrage, transvasement dans la bonne humeur de la centaine de litres sauvés
et l'affaire est réglée (et contrôlée le lendemain).
Alors que nous
avions été surpris de ne pas croiser un seul cétacé lors de notre
transatlantique des Antilles vers les Açores en mai de cette année, sur ce
dernier parcours hauturier nous avons été très surpris d'en croiser autant! Des
rorquals, très souvent par deux, la mère et le petit baleineau (de 10m de long
le petit!) qui ont tous beaucoup aimé la compagnie de Galatée avec laquelle ils
ont nagé à couple ou sous laquelle ils ont plongé en laissant en surface un
grand cercle d'eau laminarisée. Nous en observions quotidiennement de quatre à
cinq groupes. Naviguant sous voiles et donc de manière assez silencieuse, nous
étions toujours très attentifs à notre route et à celles suivies par ces
paisibles mais néanmoins énormes créatures. Malgré leur taille gigantesque et l'attention liée à leur proximité, chaque rencontre avec ces grands dos arqués et ces bruits puissants de
respiration nous comblait d'émotion et d'émerveillement.
Après un passage temporaire
assez dur au prés dans la brise, la grisaille et la pluie intermittente d'une
queue de front les 11 et 12/07, le beau temps anticyclonique se réinstalle,
semble-t-il durablement. Nous sommes maintenant plus prés de l'Irlande que de
Brest et il est temps de faire de l'Est.
Nous piquons vers La Rochelle, mais le 17/07 le temps au Nord des cotes de
Charente est trop mou et nous préférons atterrir sur l'ile d'Yeu et de
patienter un peu l'arrivée du vent au mouillage au Sud de l'Ile. Nous touchons
l'ile d'Yeu le 17 juillet en fin d'après-midi et jetons l'ancre dans l'anse des
vieilles en saluant les autres petits voiliers de plaisance avec lesquels nous
partageons la place et qui créent cette ambiance si familière qui fleure bon
les grandes vacances estivales françaises.
After two weeks of fun and food and festivities at Angra, a stay which
is nevertheless made necessary by the complexities of the weather situation, we
finally find a tiny window opportunity - created by a weather front displacing
temporarily the Azorean High, enabling us to attempt our passage northwards
during at least the first 3 days, before being able (perhaps..., if we are
lucky...) to turn East towards the French Atlantic coast.
We take advantage of very reasonable conditions - we can safely say very
calm conditions indeed, typical in summer in North Atlantic at these latitudes:
a significant stability of the Azorean High, extremely clear skies with small
fluffy cumulus clouds, calm or at most slightly moderate seas, enabling us to
admire the strangely beautiful but dangerous fuchsia-coloured crests of
multitudes of Physalies (baby-sized ones being exceptionally numerous) which
float by in huge colonies in their never-ending round-the-Atlantic passage. We
progress along the edge of the Azorean High in comfortable conditions towards the
North-northeast, heading more or less for the Southwest of Ireland, hoping thus
to well avoid the zone of Northeasterlies blowing strong and consistently over
the Biscay Bay, from northern Galician Spain to as far north as the entrance to
the English Channel and the south of England. Once we arrive at or pass north
of the latitude of Brest, we aim (or rather, hope) to turn Southeast, towards
La Rochelle. Alternating between our
fore sails - the Genois during the night and the spinnaker during the daytime,
we manage, despite the light winds, to progress slowly but surely achieving an
honourable average of 100 nautical miles per 24 hours. We cross the paths of a
few freighters and sailing yachts along this route which sees rather busy sea
traffic, and even find ourselves a companion part of the way - S/Y Bubu from
St-Malo - to whom we provide our daily weather forecasts and analysis via VHF.
On 6 July, we discover a few litres of fresh water in the bilge....
History repeats itself - as in our trans-Pacific of 2016, it seems that our
rear cabin flexible water tank (our main tank) has sprouted a slight leak.
Worried, as we are only 3 days out of Terceira, we transfer as much water as we
can into temporary containers - which are fortunately, at this stage of our
journey, mostly empty - in order to relieve the pressure on the tank which we
had filled to the brim at Terceira, and allow us to investigate the source of
the leak. To our greatest relief, the problem is minor and easily resolved :
the reservoir is intact (no holes, that is), the leak being caused by just a
slight loosening of a tube clip / clamp. After re-tightening the clip and
re-transferring the litres of water saved, our water reservoir is back in
usage!
While we were very surprised not to have sighted any whales during our
transatlantic crossing from the Caribbean islands to the Azores in May this
year, we are literally spoilt during this final ocean crossing : Common Rorquals, usually migrating in pairs,
mommy and baby, seem to have been curious enough to explore Galatée, this
strange white-bellied creature, by swimming alongside or under her hull, and
when the whales plunge (quite gently really despite their gigantic size) next
to us, they leave huge circular and smooth patches on the water surface just to
let us know they've gone under. Almost every day we are treated to 4 or 5
groups. As we are under sails and thus progressing quite silently, we make sure
to keep a constant look-out for these beautiful and peaceful creatures, waiting
just to see them surface serenely with their arched backs, listening for their
respiration : the emotions and wonders of each encounter are ever present no
matter how many times we meet them.
After
a temporary passage of close reaching in stronger winds, with grey skies and intermittent
rains arising from the tail end of a weather front passing over our heads on 11
and 12 July, the clear blue skies from the Azorean High return, it seems, for a
good long period to come. We are now nearer to Ireland than to France's Brest,
it is time to turn east/south-east if we want to head home! Whilst nearing the
north of Charente coast in the afternoon of 17 July, the winds being just too
weak for us to continue under sails, we head towards the nearest island - Ile
d'Yeu, dropping anchor at the little island's southern anchorage of Anse des
Vieilles, content to salute other sailing yachts (of our size!), mainly French,
out in reasonable numbers with this summer's sailing season just beginning.

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