C'est une traversée
qui n'est pas très longue, de l'ordre d'une semaine, mais qui demande une sérieuse
planification. En effet, cette zone Sud du canal du Mozambique voit le passage
successif, de l'Ouest vers l'Est, de dépressions Antarctiques précédées et
suivies par des cellules anticycloniques assez puissantes, cette succession de dépressions
et d'anticyclones se répétant environ tous les trois jours. Et c'est en partie là
que réside la difficulté de la planification car la traversée durant de l'ordre
d'une semaine cela signifie que l'on est contraint de gérer un coup de vent de Sud-ouest
pendant celle-ci. Toute la stratégie est donc de choisir sa dépression (pas trop
creuse de préférence) et d'essayer de caler son départ de Madagascar pour la négocier,
loin de la côte Sud-Africaine, vers mi-parcours dans le canal et ensuite faire
route avec du bon vent d'Est à Nord-Est pour arriver sur la cote Est d'Afrique
du Sud impérativement AVANT le prochain coup de vent de Sud-Ouest.
La situation dangereuse à éviter à tout prix est de se retrouver dans le puissant courant des Aiguilles, qui porte au Sud et longe la cote d'Afrique du Sud à quelques dizaines de milles, avec du vent fort contre ce courant. Cette situation est particulièrement critique quand les dépressions sont suivies par des dorsales anticycloniques puissantes qui en comprimant les isobares génère des coups de vent de Sud-Ouest phénoménaux. Les instructions nautiques sont très claires: La zone en bordure du plateau continental, là ou le courant des Aiguilles est le plus fort, est le siège pendant les coups de vents de Sud-Ouest de vagues anormales, dites vagues scélérates de plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Dans ces conditions un petit voilier a très peu de chance de survivre.
La situation dangereuse à éviter à tout prix est de se retrouver dans le puissant courant des Aiguilles, qui porte au Sud et longe la cote d'Afrique du Sud à quelques dizaines de milles, avec du vent fort contre ce courant. Cette situation est particulièrement critique quand les dépressions sont suivies par des dorsales anticycloniques puissantes qui en comprimant les isobares génère des coups de vent de Sud-Ouest phénoménaux. Les instructions nautiques sont très claires: La zone en bordure du plateau continental, là ou le courant des Aiguilles est le plus fort, est le siège pendant les coups de vents de Sud-Ouest de vagues anormales, dites vagues scélérates de plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Dans ces conditions un petit voilier a très peu de chance de survivre.
Voila, tout est dit.
Fort heureusement pour nous, les modèles météorologiques sont aujourd'hui très performants. Les prévisions sur trois jours sont excellentes et celles à sept jours généralement correctes, du moins dans la structure globale des systèmes en présence (anticyclones, dépressions et fronts associés). Dans la mesure où l'on a bien compris les enjeux, il est donc assez facile de planifier correctement son passage, mais il faut parfois attendre plusieurs cycles, c'est-a-dire une semaine voire dix jours avant d'avoir la chance de voir se profiler des conditions acceptables.
Ainsi, nous avons remis deux fois notre départ d'Ifaty avant qu'une fenêtre météo claire se présente. Nous quittons Madagascar le 06/11 et, comme prévu, nous négocions le passage du front froid d'une dépression modérée avec une rotation du vent du Nord-Ouest au Sud-Ouest en milieu de parcours (qu'une petite hirondelle de mer à probablement dû sentir en venant se refugier temporairement dans le carrée sur le filet à légumes!), puis naviguons avec un vent faiblard tournant du Sud-Est au Nord-Est qui en montant un peu sur la fin nous permet d'allonger la foulée dans les dernières centaines de milles et d'atterrir à Richards Bay le 13/11 avec une marge d'une journée sur l'arrivée du vrai mauvais temps. Une traversée, somme tout, sans grande difficulté mais qui fait partie de celles que nous sommes content de laisser derrière nous...
This is not a long journey, taking around a week, but is a strategic
one that requires serious planning. Indeed, here at the south of the Mozambique
channel, successive systems of Antarctic lows pass from West to East, followed
by rather strong high pressure systems (anticyclones). This pattern repeats
itself every 3 days or so, thus creating the challenge of completing the
crossing of a week : somewhere along the way we have to deal with heading into
Southwest winds. The strategy therefore, is to 'choose' the low system that we
are to 'manage', one that is not too deep of course, and to try to meet it
somewhere in the middle of the Mozambique channel, far enough from the South
African coasts, and thereafter progress with good winds from the East or
Northeast so as to make landfall on the east coast of South Africa BEFORE the
next low system arrives.
The most dangerous situation to avoid at all costs, is to find ourselves, in the strong Agulhas Current that runs southwards along the southeast coast of South Africa, with strong south winds against this current. This situation is particularly dangerous when the low systems are followed by the ridge of an intense high pressure system, compressing the isobars and generating severe and phenomenal Southwest gusts. The Sailing Directions are very clear on this matter. The zone bordering the continental shelf, where the Agulhas Current is at its strongest, witnesses during the Southwest gusts, abnormal or 'rogue' waves that can escalate to several dozens of metres high.
So there we are, we know the facts and the dangers to avoid.
Very fortunately for us, the weather forecasting models today are very accurate. Forecasts over 3 days are excellent, and those over 7 days are generally correct, at least on the global structure of the existing systems (anticyclones, lows and the associating fronts). Once we understand the risks involved, we can properly plan our passage, though it takes some patience to wait out a few cycles over a week or 10 days or so, before we take on a weather window with acceptable conditions.
As such, we delay, twice, our departure from Ifaty before a clear weather window presents itself. We set sail from Madagascar on 6/11, negotiate the passage of the forecasted cold front of a moderate low system, managing the Northwest to Southwest wind rotation (which is almost always sudden and violent) in the middle of our journey. Strangely, a little water bird (probably a sea swallow) which has perhaps sensed the coming of the wind rotation, comes to seek refuge under our dodger and even into the interior of the boat. It poses a split second on Laurent's thigh before darting off barely half an hour before the winds change. We complete the journey with weaker winds rotating from Southeast to Northeast, before catching strong Northeast winds to boost the speed of the 'homeward' stretch towards Richards Bay on 13/11, making landfall with a margin of one full day before the arrival of the next cycle of (very strong) southwest winds. A crossing that has been without too much difficulties, but which we are extremely content to leave behind us.

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