Après une semaine
de navigation assez confortable (voiles d'avant tangonnées) et généreuse en
poissons, nous entrons le 21 juin dans le grand lagon des Louisiades par le
passage de Sunken Reef, une ouverture au Sud du grand récif submergé et faisons
directement route vers le mouillage de Boboeina, une des iles du chapelet
d'iles qui s'étirent d'Est en Ouest et forment la chaine du Calvados. Un très joli mouillage facilement accessible sur
une langue de sable, derrière le récif, mais, en cette période d'alizés très
frais, Boboeina est un mouillage balayée par des rafales catabatiques violentes
qui le rendent très inconfortable et rouleur à marée haute quand la protection
du récif est moindre. Malgré cet inconfort, notre premier mouillage en
Papouasie nous offre aussi nos premiers contacts et notre première expérience
de la culture de marchandage qui est une partie si importante de la vie au
quotidien ici. Les dugouts (petits canoës à balancier creusés d'une pièce dans
un tronc d'arbre) se succèdent le long du bord et nous proposent invariablement
fruits (bananes, papayes, citrons), légumes (manioc, taro, yam, ibecca) et
parfois langoustes que nous troquons contre des produits difficiles à trouver,
les Louisiades étant complètement isolées du reste de la PNG (Papouasie
Nouvelle-Guinée): sucre, riz, matériel de pêche, savon à lessive, levure, piles
D, etc...
We enter the main lagoon of the Louisiades Archipelago via the Sunken
Reef pass on 21st June after a week of comfortable sailing (and good fishing) from
Santo. The Louisiades greets us with a series of wet and gusty squalls over the
last 15 miles as we motor head on into the winds to our first anchorage at Boboeina,
one of the numerous islands in the Calvados Chain, which stretches east-west
across the huge lagoon. A pretty anchorage, but very windy with extreme and
violent katabatic gusts (fortunately only from the SE thus keeping us away from
the reef) in this period of constant and strong SE tradewinds, and very rolly
at high tide when the swells sweep over the reef. Despite these discomforts, our
first experience of the unique Louisiades trading culture starts right off with
outrigger dug-out canoes (small canoes formed by digging out a single tree
trunk) from several remote villages braving the winds to trade with us,
bringing us fruits (very delicious small bananas, papayas...), vegetables
(manioc, yam ...) and offering to get us crayfishes (which for the moment does
not materialise as the sea conditions are just too rough), in exchange for
products that are difficult to obtain (washing powder, rice, sugar, yeast,
D-batteries, fishing hooks and lines...).
Ayant besoin d'un
vrai repos, nous quittons Boboeina à la recherche d'un mouillage mieux protégé.
Nous tentons une incursion dans une baie de l'ile voisine de Bagaman, mais nous
ne trouvons pas de fond satisfaisant pour mouiller et décidons donc de tenter
notre chance plus loin sur l'ile de Kamatal, au Nord du grand lagon, qui devrait
nous offrir selon les images satellite (la cartographie marine étant ici, au
mieux, très approximative et de manière générale insuffisante pour trouver un
mouillage) un bon abris dans un mini lagon. Le mouillage de Kamatal, une
encoche dans le récif, offre effectivement, bien qu'il soit complètement ouvert
au SE, une totale protection dans une eau presque plate. Sur l'ile principale
(sept iles constituent le mini lagon), Jimmy (60 ans peut-être) vit ici avec sa
famille et essaie de maintenir un petit "yacht club" d'accueil des
voiliers de passage (une quinzaine par an). De part les prochaines élections de
PNG, ses enfants sont temporairement partis à Misima pour voter et l'ile est
très calme, mais nous recevons néanmoins un chaleureux accueil de Jimmy, sa
femme Jesse et de leur deux petits enfants Cathy et Antje, bien que la plus
petite ait une peur bleue des "dim-dims" (les blanc).
Seeking a calmer anchorage, we attempt on 23/6 to find a spot of sand
without brommies (coral heads) in which to drop our anchor in the next bay at Bagaman
island, but to no avail. Thus we head to Kamatal on the northern reef barrier,
where a little lagoon, a notch in the reef surrounding 7 small islets, awaits us
with great snorkelling and white sand beaches. The anchorage is windy as it is
opened to the SE, but the reef cuts the swell off completely thus leaving us
tranquil and protected. Here, Jimmy and his family still try their best to
maintain their 'Stop-over Yacht Club', launched years ago with the help of
Australian yachties, despite the small number of yachts visiting annually
(around 20). As it happens to be PNG's election week, most of his family are in
Misima. We nevertheless receive a warm welcome from Jimmy, his wife Jesse, and
his two young granddaughters Cathy and Antje, though the younger one is shy and
almost 'terrified' by foreigners, who in their language, are called 'dim-dims'.
Nous continuons
notre exploration de cet archipel en navigant WSW le long de la bordure Ouest
de la chaîne, destination Utian (appelée aussi Brooker island). L'entrée vers
Utian a la réputation d'être délicate de part la présence de forts courants de
marée dans la passe Brooker au milieu de laquelle se trouve le point d'entrée du
'chenal' vers l'ile. Ayant identifié le point d'entrée dans le récif, il est
alors indispensable de disposer d'une bonne lumière (assez haute et dans le
dos) pour bien visualiser l'étroit 'chenal' naturel, non balisé, qui serpente
au travers du récif entre les patates à fleur d'eau! Nous arrivons vers midi
avec une bonne lumière mais avec un courant de marée de cinq nœuds qui nous
expulse sans préavis de la passe Brooker et nous fait manquer le point
d'entrée. Nous faisons rapidement demi-tour et, très péniblement, moteur plein
pot, nous gagnons contre le courant à 0.6 nœuds en longeant le bord de la passe...Nous
approchons du point GPS et tournons immédiatement à 90 degrés vers le récif (ce
qui n'est pas un réflexe très naturel, loin s'en faut...). Nous passons sur le récif,
la couleur du fond passe du bleu sombre au vert avec des patchs marrons un peu
partout...Nous avons trouvé, semble-t-il (!?), l'entrée de l'étroit chenal que
nous tentons de suivre maintenant en visuel en surveillant le sondeur. Fort
heureusement, une fois dans le 'chenal', le fort courant de la passe ne se fait
plus sentir et la navigation peut se faire en relative 'tranquillité', à petit
régime.
Next on the itinerary, WSW towards the western end of the Calvados Chain
on 26/6: Utian, also called Brooker
Island. The entrance is tricky, everyone has warned us, it's reputation
established due to the strong currents in the Brooker passage where the
entrance into the island's lagoon is to
be identified only by GPS (there are no beacons), aided by the adequate
lighting to be able to see the narrow but slightly deeper waters snaking
between shallow coral reef heads! We arrive around midday, with good light with
the sun behind us, but it is low tide, when the outgoing currents of the
Brooker Passage is at its strongest. Galatee zooms past the entrance within 2
seconds with the current at 5 knots and the SE winds pushing us, so rapidly
that we miss the entrance 'point'... We make a u-turn quickly, crawling back
against wind and current at 0.6 knots. Laurent swerves Galatee towards the GPS
waypoint, 90 degrees towards the reef (this is obviously not a natural
reflex...) and yes! we are in the narrow passage (it seems?!), the colour of
the water switches from deep blue to turquoise green with patches of brown
showing the brommies, finding 3 m at the shallowest parts, but we pass! Fortunately
the currents in the lagoon are much weaker, enabling us to manoeuvre slowly
whilst carefully monitoring the depth sounder.
Notre séjour de
deux jours à Utian sera un vrai bonheur. Le long de la plage, les 'sailaus',
canoës à voile traditionnels des Louisiades (gréement au tiers avec voile
bomée) s'alignent sur leurs rondins de mise a l'eau. Une quinzaine en tout.
Ces canoës (6m hors tout environ), qui peuvent porter une famille entière,
constituent le moyen de transport omniprésent de cette partie de Papouasie. Le
jour et aussi la nuit, ils sillonnent les lagons sous leurs voiles colorées cousues
à partir de sacs de riz. Le village qui est très propre et joliment aménagé est
particulièrement actif en cette période d'élection: beaucoup d'habitants des ilots du lagon sont
venus ici en sailaus pour attendre les officiels du gouvernement qui vont
organiser le vote dans les jours qui viennent. Nous passons très agréablement
le temps à papoter avec les villageois sur la politique en PNG, la construction
et le maniement des sailaus, la pêche, les marées, la chimie de la noix de
betel*...Nous visitons la petite école dans laquelle nous créons (sans le
vouloir) une certaine diversion. Nous
sommes également invités a participer à la kermesse organisée par les femmes du
village. Régulièrement, ce 'Women's Club' prépare de très nombreux plats:
ragout de tortue, riz frit au yam, ketupat (riz gluant cuit dans un petit
panier tressé), poissons et bananes frites, pain cuit sur les braises, afin de
collecter un peu d'argent qu'elles utiliseront pour aider une jeune membre à
établir sa famille et financer la construction de la case. Ambiance colorée et
bonne enfant garantie sur la pelouse devant l'église où tout le village
participe!
(*) Noix de bétel ou d'arec (palmier), un fruit vert
contenant une noix/noyau. Un petit morceau est coupé et mis dans la bouche. Un
morceau de gousse de moutarde est trempé dans de la chaux fine (caustique)
faite à partir de corail séché. Moutarde et chaux, mises dans la bouche et
mâchées avec le bétel, produisent,
semble-t-il, une sensation tonique et addictive et assurément colorent de
manière permanente en rouge carmin les dents et les gencives! Les enfants
commencent à mâcher le bétel à partir de 4 ou 5 ans.
Our 2-day stay at Utian, with its calm and protected anchorage of 5-6 m
depth, turns out to be charming and interactive. Traditional sailing canoes
(called 'sailaus'), sturdy and elegant and efficient under sail (sewn together
with material for rice sacks), zip in and out of the bay day and night in their
different colours and sizes. There are at least a dozen or more, some 6 metres
long, capable of transporting an entire family, as they serve as the main means
of transport in this part of PNG. The
village, nicely landscaped and partitioned between families, is exceptionally
crowded as villagers are back for the voting day due on 28th June, when
officials from the mainland will be here to collect the votes. We spend our
time chatting with many (on all sorts of topics : politics, fishing, the tides
and currents, the construction of sailaus, and the art or rather chemistry, of
chewing betelnut*), plus visiting the tiny school and creating,
unintentionally, a slight diversion of attention in their classroom. We
participate in their 'Women's Club' fund-raising, the club organising from time
to time such events to the benefit of their members (to get married, to build a house...). Womenfolk sell delicious dishes that include
turtle stew, yam fried rice, ketupat, fried fish and bananas, and buns. A
colourful and light-hearted ambience, sitting on the grassy slope of the church
grounds and enjoying a cool and gentle breeze.
* Betelnut, a green fruit, is cut
to reveal the internal nut/seed. A small piece is cut and put in the mouth. A
short length of mustard bean, size of a long green bean, is then dipped into a
white lime powder - the chemical part of this peculiar addiction - which is
actually made from coral shells. Mustard and powder is popped into the mouth
and chewed with the nut, creating, it seems, a 'high' sensation, and certainly,
the reddish stain that colours teeth and gums in a permanent and damaging way.
To our astonishment, parents do not forbid their children to chew, starting at
the age of 4 or 5!
Ayant, grâce aux
villageois d'Utian, une bien meilleure connaissance des subtilités des marées
(marées mixtes), nous sortons du lagon dans la passe Brooker avec le bon
courant le 28/06. Le courant est portant vers l'Est à 2 nœuds, mais en
s'opposant contre les alizés il crée des mascarets assez impressionnants qui
rendent la navigation de 7 milles vers Panasia très remuante. On ne peut pas
tout avoir... Panasia est une ile
spectaculaire. Une ile de falaises calcaires verticales, enchâssée dans un
lagon turquoise et bordée de petites plages de sable blanc. Nous mouillons dans
dix mètres d'eau sur fond de sable entre des patchs de corail. John et sa
famille qui habitent sur l'ile étant encore à Utian pour les élections, nous
accostons la plage pour nous étirer un peu les jambes. Nous sommes accueillis
par trois petits chatons en manque d'affection qui nous ne nous lâcherons pas
d'une semelle. Nous regardons alors John sur son sailaus à la voile outremer naviguer
en approche de Panasia (les élections ont été reportées) et sommes vraiment en
admiration devant l'expertise de marin des Louisiadais. Nous passons une
après-midi à bord de Galatée avec John et ses deux fils et parlons, encore,
beaucoup des sailaus et aussi de l'apprentissage des jeunes à la navigation.
Armed with a better appreciation of the tides and currents after
confirmations from the villagers, we head out of the pass on 28/6 onto a bumpy
7-miles sail SSW to Panasia. The currents, flowing east, are in our favour this
time, but thus opposing the SE trade winds, creating impressive tide rips.
Well, we cannot always have a 'bed of roses' to sail on! Panasia, its spectacular vertical limestone
cliffs, small stretches of white sands, provides a beautiful and quiet
anchorage in a large enclosed lagoon of turquoise waters. John and his family
being still at Utian for the voting-day, we venture onto their little beach
just to stretch our legs, to find 3 endearing kittens barely weeks' old, eager
to climb all over us and to be cuddled. We watch John and family sail grandiosely
back in their sailau (the voting having been postponed...). We idle the
afternoon away just chatting on his beach and onboard Galatee, discussing the
manoeuvring techniques of the sailau and how they train their boys from a very
young age to be competent in handling the canoes.
Le 30/06 nous
tirons un long bord grand largue vers le groupe Deboyne au Nord et ancrons
entre les iles de Nivani et Panapompom (joli comme nom, non?). Ce mouillage est
connu pour son épave d'un chasseur japonais de la 2eme guerre, un Zéro-Zen
complet qui repose sur le sable par 3m d'eau. Moins connu: il y en a un
deuxième, à coté, dont ne subsiste que le bloc moteur du gros Mitsubishi et les
ailes partiellement enfouies sous le sable.
We sail north on 30/6 to the Deboyne group of islands to anchor between
Panapompom (nice name, isn't it?) and Nivani. The anchorage is known for the
intact WW2 Japanese Zero-Zen fighter plane wreck, lying at a depth of just 3
metres.
Chose assez rare ici, un autre
voilier nous rejoints au mouillage. Mick et Jay à bord 'd'Extrême- Ways'
viennent de partir d'Australie et sont en navigation pour deux ans. Nous
passons une super soirée ensemble à bord de ce grand catamaran à déguster
pizzas et vins d'Australie en accompagnement d'escargots de mer que nous avons
collectés sur les rochers de Nivani et que Shu-In a cuisinés comme des bigorneaux.
Panpompom héberge un village important, propre et bien entretenu dont les cases
familiales s'alignent en bordure de la plage. Dans la tradition de l'ile qui
construit la majorité des sailaus des Louisiades, ici, tous les garçons jouent
avec des modèles de sailaus qu'ils font naviguer à grand cris en courant
derrière. Nous refaisons un plein de bananes, citrons, fruits de la passion et
un gros fagot d'ibecca (une sorte d'épinard) que nous troquons avec Mila et de
son fils Tobby avant de partir pour notre dernière escale: Punawan une des iles
du lagon de Bramble Haven.
We meet our first companion yachtie (it is extremely rare to meet
yachties in the Louisiades and so early in the season) - catamaran 'Extreme
Ways' of Australian Mic and Taiwanese Jay with their friends Lisa, Roger and
Sally. A wonderful dinner together with yummy homemade pizzas, Aussie wine, and
delicious tiny sea snails (sort of periwinkle shells) that we had collected
earlier in the day on the shores of Nivani, cooked in a spiced broth as we do
in France for similar shells. Our Aussie friends enjoy the snails tremendously,
laughing that we, French and Chinese, eat about all and anything! Panapompom
has a large village, clean and well maintained, with family clusters spread out
all along the beach front. Following the Louisiades tradition of practising
sailaus, little boys play on the shallow beaches sailing their simple yet
technically-correct model sailaus, running after them as they accelerate in the
wind. We manage to restock bananas, papayas, passion fruit and lime, as well as
a huge bunch of their local greens (ibecca, a type of spinach) from Milia and
his son Tobby before setting off to our final stop at Punawan, one of the
handful of islands in the Bramble Haven lagoon.
Bramble Haven, un
vrai havre de paix et une image d'Epinal du paradis du Pacifique Sud. Sable
blanc, eau cristalline, corail et quelques abris en feuilles de palme des
pêcheurs de tortues itinérants. Nous faisons la connaissance de Joshua, pêcheur
venu d'Utian en sailaus, qui séjourne temporairement ici pour attraper quelques
tortues. Joshua nous apporte le lendemain matin trois magnifiques langoustes qu'il
a attrapées en début de nuit et que nous cuisinons en séance. A notre surprise
nous découvrons qu'une petite famille vit en permanence ici sur Punawan, dans
des conditions d'extrême simplicité sur ce sol si peu fertile... Nous troquons
volontiers et généreusement ce que les deux jeunes filles nous proposent, deux
fois par jour, en venant le long du bord de Galatée en dugout. Notamment deux
gros œufs de pintade sauvage, qui s'avéreront être fécondées et contenir des poussins sur le point d'éclore que nous
ne pourrons pas élever à bord...
Bramble Haven - a haven indeed. Powdery white sands, clear waters, numerous simple
though impeccably clean shelter huts used by passing fishermen who come mainly
for turtle-hunting. For us, we finally
have the opportunity to taste the famous Louisiades crayfish (lobster). Joshua,
who actually lives in Utian, happens to be here on a fishing trip in his
sailau. He offers to find us some lobsters, and keeps his promise by doing so
at 3-4 am, delivering 3 huge + 1 smaller lobster at daybreak. Delicious, though
it took us quite a while to cook all 4, the bigger ones not even fitting into
our largest pot! Another family does, amazingly, live on this very remote
island, the children (2 girls in their late teens, 4 young boys and a baby!)
are eager to trade their daily staple: bananas, papayas, coconuts, yam,
tapioca, and eggs (including 2 huge bush fowl eggs, one of which turned out to
be feconded and the chick was almost fully grown!!! Yikes, we feel like
murderers...) for batteries, sweet biscuits, pens, fish hooks etc. We realise
how simple their lives must be, on this land that is not even fertile, so far
away from society that is to us, 'normal'.
Nous quittons les
Louisiades pour le détroit de Torres le 05 juillet avec beaucoup d'émotion en
emportant avec nous de magnifiques souvenirs. Nous quittons les Louisiades en
souhaitant que rien ne change ici et que les habitants réussissent à préserver
ce mode de vie qui les rend si heureux.
Content with our enriching and memorable stay in the Louisiades, we head
SW out of Bramble Haven's lagoon on 5/7, continuing our route to the Torres Strait
and onwards to Indonesia, hoping that the islanders of the Louisiades remain,
as happy and harmonious as they have shown themselves to be, in this almost
paradisiacal part of the world.



















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