07/05 – 30/05: Tortola, BVI - Lajes das Flores , Açores
Enfin lotis d’une météo qui nous semble favorable pour les prochains jours, nous hissons les voiles de Road Harbour en milieu de matinée du samedi 7 mai. Nous serrons le vent dans une gentille brise de nord-est et avec l’aide temporaire de notre bon vieux Perkins nous doublons Scrub Island en milieu de journée. La stratégie que nous prévoyons de suivre pour le début de cette transat consiste à suivre la route orthodromique (grand diamètre) tant que faire se peut, en tirant toutefois un peu nord afin d’accrocher un des fronts froids des dépressions qui passent à 500 miles plus au nord et ainsi de bénéficier de vents de sud-ouest et nord-ouest de 20, 25 nœuds nous permettant de faire route directe à bonne allure. Nous nous installons assez facilement dans la routine de la vie en mer dont une de nos taches quotidiennes les plus importantes est de recevoir les fax météo émis par les centres de la Nouvelle-Orléans (et plus tard de Boston et de Hambourg) qui nous permettent de disposer d’analyse de surface et de cartes de vent et de houle à 24 h, 48h et 96h et ainsi d’identifier clairement à quelle sauce on est susceptible de se faire croquer…
Après quatre jours de navigation patiente et confortable au nord, nord-est dans des vents légers, nous accrochons – comme prévu – du bon nord-ouest qui nous propulse au portant pendant les quatre jours suivants avec parfois des surfs à neuf nœuds !
Le neuvième jour le vent commence à faiblir, comme l’état de santé de notre pilote qui rend définitivement l’âme en début de nuit dans un cri déchirant. Nous barrons à tour de rôle pendant cette nuit du 15 au 16 mai, durant laquelle la seule créature à bord à passer une bonne nuit sera une petite hirondelle fatiguée qui est venue se blottir sur le dessus du moteur hors-bord.
Le vent tombe complètement. Sachant (merci les fax météo) qu’une bonne brise de sud-est devrait nous arriver du bord sud-ouest de l’anticyclone des Açores, nous décidons de ne pas gaspiller notre précieux gazole et prenons notre mal en patience en bouchonnant et dérivant tout doucement les trois jours suivants sur une mer d’huile au beau milieu de l’Atlantique nord à 1000 miles de toute terre. Sensation étrange en particulier avec la pleine lune, qui la nuit, illumine une mer lisse comme un miroir. Nous profitons de ces journées de pétole carabinée pour réparer le pilote (moteur électrique et réducteur hors d’usage) en cannibalisant ce qui reste de bon du pilote de rechange et en se préparant un bon couscous comme à la maison !
Nous récupérons un peu de vent d’est à partir du 12ieme jours et croisons sous voiles nos premiers cachalots, un groupe de six. Ceux-ci faisant route de collision, nous lançons le Perkins au ralenti pour signaler notre présence, on ne sait jamais…Nous les observons changer de route très doucement et passer derrière Galatée à une dizaine de mètres.
Enfin, ça y est, le 14ieme jour la brise de sud-est se lève, Galatée reprend vie et nous sortons définitivement de notre torpeur, glissant à six à sept nœuds pendant les cinq jours suivants ! Le matin du 21 nous sommes cueillis par la pluie et les grains que la dépression orageuse qui se creuse dans notre sud-ouest nous envoie et apercevons sur l’horizon (fort heureusement assez loin), sous deux énormes masses nuageuses noires, deux trombes soulevant des masses d’eau à des hauteurs spectaculaires ! Nous n’osons même pas imaginer les conséquences d’une rencontre proche avec un de ces monstres.
Les dauphins nous accompagnent maintenant jours et nuits, en nageant devant, le long et passant dessous Galatée. Nous croisons également plusieurs fois de très près des cachalots et des rorquals qui, semble-t-il, font eux aussi route vers les Açores et qui nous évitent très délicatement.
A moins de 300 miles de Flores, nous progressons très lentement dans des vents variables d’est, nord-est en faisant porter les voiles du mieux que nous pouvons de manière à réserver notre gazole pour la zone sans vent que nous sommes quasi certains de trouver autour des Açores. Le 22ieme jour, à moins de 100 miles de Flores, nous mettons le Perkins au travail et entrons finalement le 30 mai au petit matin dans la zone de mouillage de l’avant-port de Flores après une croisière de 23 jours et 2450 miles sous la coque. Accueillis par des dauphins joueurs et par un beau lever de soleil sur une île toute en verdure, nous débouchons une bonne bouteille de Prosecco pour fêter notre traversée et notre future découverte de cette belle île.
Armed with a 7-day GRIB weather forecast, we set our sails from Tortola’s Road Harbour in mid-morning of 7th May, Saturday. Tight reaching in a light northeasterly breeze, and with the aid of our Perkins for a short while, we finally clear Scrub Island near mid-day. The ‘strategy’, is to take as best we can, a rhumb-line route and take the opportunity to surf on the sweeping cold fronts further north (some 500 nautical miles north) that should send us south-westerlies, then north-westerlies of 20-25 knots. Our daily routine sets in quickly, of which the most important task of receiving facsimile weather forecasts issued by New-Orleans (and later on Boston and Hamburg) giving us 24-hr, 48-hr and 96-hr surface analysis, wind and wave forecasts.
Patiently and comfortably sailing north / north-east with rather light winds, we finally pick up the north-westerlies on our 4th day, allowing us to surf (up to 9 knots!) running with the winds continuously over the next 4 days. On our 9th day, the winds start to die down, and so does our automatic pilot (which turns out to be our only technical problem during this crossing, most fortunately). We take turns to steer throughout the night of 15th-16th May, during which the only one able to have a good night’s sleep, is a tiny swallow (don’t really know exactly what bird it is) which cautiously decides to spend the night with us, all fluffed up and warm, perched on top of our outboard engine.
The wind dies down completely. Over the next 3 days, we literally ‘stop’, right in the middle of the Atlantic Ocean. With the knowledge that we will eventually pick up south-easterlies from the south-west part of a High-Pressure (Anticyclone), we decide to save on our diesel consumption and wait out the calm. The feeling is really bizarre, of drifting, amidst this absolute tranquility, so far in any direction from any land, on a water surface so calm that it resembles a mirror, especially illuminated by a full moon. Taking things in stride, we take the opportunity to replace the autopilot by putting together all working parts from our 2 sets of motor and gear assemblies, and even set the cockpit table for a full meal of couscous, wine and all.
We start catching on easterly winds on our 12th day, after sighting our very first sperm whales – and a group of six too! Running our Perkins for a short while to alert them of our presence, we watch them divert their route making a slight detour behind us. (The photo we are showing here is actually taken by IOD on their way to Bermuda, as our camera is unable to zoom sufficiently for a good shot of the whales).
And YES! We hop onto the south-easterlies on our 14th day, gliding along at 6 to 7 knots over the next 4 to 5 days! The morning of the 21st starts off with squalls and rain, and storms behind us on the western horizon. Our first (and hopefully last) sighting of 2 waterspouts, which are the equivalent of tornados at sea, gives us quite a scare – despite being far away, as we watch (from our binoculars) the huge swirls of water being ‘sucked’ violently upwards from the surface reaching spectacular heights…
Dolphins start to accompany us, day or night, speeding alongside, under, and in front of us. It’s really magical, all the more with the occasional sightings of whales heading towards the Azores.
At less than 300 nautical miles from Flores, with slight and unstable easterlies and north-easterlies, we progress ever so slowly, under sails as best we can, reserving our diesel for the final approach, where we know we are very likely to enter into a windless zone. And on our 22nd day, with less than 100 nautical miles to go, we finally put our Perkins to work, cruising into the anchorage area of Lajes das Flores to end our transatlantic crossing at a reasonable score of 23 days, covering 2450 nautical miles, in the early morning of 30th May. With a beautiful sunrise and dolphins welcoming us at dawn whilst we approach Flores, and after celebrating our achievement with a bottle of Italian Prosecco wine, we settle down at Lajes das Flores for a few days of well-deserved rest.
过大西洋,回往欧洲
View Transat towards Azores in a larger map
航往欧洲的这段航程,23天。比去年十二月的航程来的长。主要是我们三个星期内,有至少四,五天完全“风平浪静”,在大西洋中央飘浮,等待风的来临,有如在一片特大的湖面上,感觉很奇妙。总的来说,没什么大风大浪,三个星期还算不错。其他帆船有些航程中比较多风,十五天就抵达亚速尔群岛,有些却没这么“幸运”,二十八天之后才抵达。北上的航程,不免天气温度越来越低,开始转冷,海水的温度不超过十九度,冲凉不免要加热水才敢冲!途中,最难忘的就是遇到不少海豚和鲸鱼,看相片为证!
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