Nous entrons dans
le lagon de Nouvelle-Calédonie (le deuxième plus grand lagon après la grande
barrière Australienne) par la passe de Boulari et prenons un coffre devant l'îlot
Amédée le 24/04 au soir juste avant que le soleil ne disparaisse sous
l'horizon. La Nouvelle-Calédonie nous
accueille sous un couché de soleil d'orange et de violet illuminé par la
rotation du puissant faisceau du vénérable phare Amédée, qui depuis 1865, guide
sans faille les bateaux en approche au travers du grand récif. Nous avons une
pensée émue envers les grands clippers de la route du nickel, pour grande
partie Bordelais de la maison Bordes, qui, les derniers au monde et jusqu'à
l'entre deux guerres, ont courus sous voiles les latitudes sud et faits leur
approche ici devant cet îlot. Au petit
matin du 25/04, alors que les tortues pointent leurs têtes autour de Galatée,
nous appareillons et faisons route très tranquillement sous voile d'avant seule
vers Port-Moselle pour y effectuer les formalités d'entrée. Nous bénéficions d'une
première semaine de très beau temps que nous passons à découvrir Nouméa et à régler
nos derniers petits problèmes techniques notamment le remplacement de notre
annexe Bombard qui a rendue l'âme à l'âge respectable de 10 ans.
Alors que nous nous
préparons enfin à explorer le lagon Sud, Donna, un cyclone hors-saison se forme
dans le Nord-Est des Vanuatu. Les organismes de météorologie de France et de
Fidji prévoient un passage au travers de l'archipel des Vanuatu avec une
possibilité de toucher les Iles Loyautés en passant très prés de Grande-Terre. Nous
reportons donc notre appareillage en essayant néanmoins de profiter de
l'endroit, en testant la plongée dans la passe de Boulari et en effectuant un
séjour à l'îlot Maitre. Les prévisions se confirmant sur la trajectoire de
Donna, nous rentrons de l'îlot Maitre chercher protection à la marina de
Port-Moselle. Donna a pris maintenant une dimension monstrueuse en ayant
atteint le niveau 5 et après avoir semer la destruction sur le Nord des Vanuatu
se déplace lentement vers Ouvéa et Lifou en perdant un peu de son intensité
alors quelle rencontre des eaux plus froides. Nouméa passe en pré-alerte le
08/05 puis en alerte niveau 1 le lendemain alors que le pavillon noir est hissé
en tête de mat de la marina. Nous sommes tenus d'installer des lignes
cycloniques et nous ressortons du coffre nos longues lignes de Patagonie que le
plongeur professionnel de la Marina installe sur une chaine mère qui coure au
fond du port loin derrière les pontons. Alors
que Lifou et Ouvéa sont durement touchées par le passage de Donna, le Sud de
Grande-Terre et Nouméa sont épargnés du pire et, nos amarres doublées et les
lignes cycloniques tendues raides nous survivons cette expérience en ne
subissant que deux jours de pluies intenses et quelques rafales.
Ouf! A toute chose
malheur est bon, le passage de Donna nous offre une rotation de vent à l'Ouest
puis au Sud-Ouest (chose assez rare) qui nous permet le 11/05 de faire facilement
route sous voile vers la magnifique île des pins au travers du lagon en faisant
une courte halte pour la nuit à l'îlot Mato. Le mouillage de la baie de Kuto au
Sud de l'île des pins est superbe avec sa plage de sable blanc fin comme de la
farine, bordée de pins colonnaires qui, imperturbables aux alizés et aux
cyclones, dressent leur silhouettes dans une parfaite verticalité. L'île des
pins est aussi connue pour la baie d'Oro au Nord-Est qui abrite une piscine
naturelle ouverte sur l'océan à pleine mer, piscine qui abrite un gigantesque
banc de sardines au cœur duquel on peut se glisser et se laisser couler; une
boule de poissons si dense que l'on y perd ses repères. Nous quittons l'île des
pins vers Lifou le dimanche 14/5 en empruntant la passe de la Sarcelle avec des
alizés de SE assez musclés et une mer dure. Une traversée rapide mais très remuante
et peu confortable comme l'on été la
plupart de nos traversée dans le Pacifique Sud...
Lifou, un atoll
surélevé, une île consistant en un plateau de corail fossile bordé de falaises
verticales spectaculaires. Nous mouillons au Nord de la baie de Sandal tout prés
du village de Chepenehe. Le village que nous visitons a effectivement souffert
du passage de Donna et les habitants sont au travail pour tronçonner les arbres
déracinés, nettoyer les rues et pour recouvrir l'église dont le toit s'est
envolé. L'endroit est agréable et très accueillant et mériterait que l'on y
passe une semaine, mais notre timing de voyage ayant été retardé d'une semaine,
nous décidons de ne pas lézarder aux Loyautés et de continuer sur la lancée
vers les Vanuatu. Nous levons l'ancre le 17/05 à 3h00 du matin sous un clair de
lune bienveillant qui nous permet de bien identifier les patates de corail sur
le sable blanc et de sortir en toute sécurité du mouillage direction l'île de
Tanna que nous devrions normalement toucher le 18/05 si cette fenêtre de vent
de SSE se maintient.
We enter New Caledonia's lagoon (second largest in the
world after Australia's Great Barrier Reef) via the Passe de Boulari, taking a
mooring at the small island of ilot Amédée , just minutes before the sunset on
Monday, 24/4. New Caledonia greets us under a beautiful orange-violet sky, with
the rotating beam of the iron Lighthouse Amédée, in service since 1865. A
historical monument, having safely guided clippers sailing the southern
latitudes on the Nickel Route (up till the years between the world wars) into
this immense lagoon. Several sea turtles pop out of the water surface the next
morning around Galatee to see us sail off serenely with just the Genoa into
Nouméa's Port Moselle. Settling quickly the purchase of a new lightweight
inflatable dinghy to replace our 10 year-old Bombard Max3+ (which has a leak
that we cannot afford the time to repair, and which we thus give away to a
local yachtie who is in need of one), we spend the first few sunny days
visiting Nouméa, as well as adapting our dinghy chap with some serious cutting
and sewing and creative repatching.
Just when we are set to explore the islands in the
lagoon, out-of-season cyclone Donna starts to form north-east of Vanuatu. All
weather sources forecast Donna's track down the Vanuatu islands, with a
possibility of hitting New Caledonia's Loyalty islands, and passing close to
the east coast of the main island. Well, Donna leaves us no choice but to adapt
our journey plans. We nevertheless do our best to enjoy our stay here, with a
dive trip near and at the Passe de Boulari (unfortunately disappointing due to
the bad visibility from the outgoing currents) and 2 days at pretty Ilot Maitre
(well known wind and kite surf spot). Weather forecasts confirm Donna's passage
south obliging us to return to Port Moselle to wait out the storm. Monstrous
Donna takes her time lingering over the northern islands of Vanuatu as a
cyclone 5 (highest level), before very gradually dissipating, because of the
cooler waters, and sweeping over Ouvea and Lifou in the Loyalty islands,
leaving a trail of destruction. The south of the main island and Nouméa is
fortunately spared, though New Caledonia goes into pre-alert (on 8/5), then
Level 1 Cyclone alert (on 9/5) with a Black Flag being hoisted at the Marina.
Our precious floating mooring lines from Patagonia come into service once again
to serve as our cyclone lines, pulled by the Marina's professional diver to the
seabed chains laid at a distance well behind each pontoon. As Port Moselle is
very well protected from easterlies, and with mooring lines doubled and the
cyclone lines all pulled taut, we survive the experience (oh yes we prefer to
do without it...) with just some gusts and 2 days of intense rain.
'Thanks' to Donna, however, the rotation of winds
(west, then southwest winds, which are rare) allow us to sail southeast to the
beautiful Ile des Pins, otherwise impossible with the strong southeasterlies
blowing since our arrival. The anchorage at Kuto beach is very pretty, with the
vertically straight columnar pine trees seemingly unperturbed by the perpetual
winds and occasional cyclones, and the white sand so fine it almost feels like
flour, without any trace of shell or coral pieces. An early morning trip via
taxi to the northeastern coast of Baie d'Oro, where at high tide we have the
amazingly clear natural pool (open to the ocean) to ourselves, snorkelling into
and within a school of sardines so dense that we practically lose ourselves. An
amazingly lively ecosystem indeed.
We leave Ile des Pins on Sunday 14/5 via the
eastern Passe de Sarcelle, with strong SE winds and a rather rough sea towards
Lifou. A speedy passage but bumpy and rolly and uncomfortable, just as almost
all our Pacific passages have been. Catching a large bonite only when Laurent starts
to pull up the line near dusk, the bleeding and killing of our catch (aie, it
is a gruesome affair when the creature has only just got hooked...) is at the
limit of acrobatic and nauseating due to the rolling seas. Shu-In leaves the
cooking till her nightwatch when the Pacific finally pacifies a little. 3 meals
for both of us and 5 jars of vinegared preserves. We are thankful for the boost
to our provisions.
Lifou , a naturally raised atoll consisting entirely
of fossil coral, is impressive with its spectacular reef cliffs. We snorkel in
the clear waters of the Baie de Sandal (not many fish though...) and visit the
village of Chepenehe, guided by schoolchildren, witnessing the starting of
rebuilding and the clearing of debris left by Donna's fury just a week ago. The
village and the Bay is peaceful and merits a much longer stay, but, our
schedule having already been delayed by a week by Donna, we leave with a
weather window announcing SSE winds, departing from the anchorage under bright
moonlight at 3 am in 17/5, planning to make landfall at Tanna Island by mid-day
of 18/5.






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