17/05/2017

Nouvelle Caledonie_New Caledonia



Nous entrons dans le lagon de Nouvelle-Calédonie (le deuxième plus grand lagon après la grande barrière Australienne) par la passe de Boulari et prenons un coffre devant l'îlot Amédée le 24/04 au soir juste avant que le soleil ne disparaisse sous l'horizon.  La Nouvelle-Calédonie nous accueille sous un couché de soleil d'orange et de violet illuminé par la rotation du puissant faisceau du vénérable phare Amédée, qui depuis 1865, guide sans faille les bateaux en approche au travers du grand récif. Nous avons une pensée émue envers les grands clippers de la route du nickel, pour grande partie Bordelais de la maison Bordes, qui, les derniers au monde et jusqu'à l'entre deux guerres, ont courus sous voiles les latitudes sud et faits leur approche ici devant cet îlot.  Au petit matin du 25/04, alors que les tortues pointent leurs têtes autour de Galatée, nous appareillons et faisons route très tranquillement sous voile d'avant seule vers Port-Moselle pour y effectuer les formalités d'entrée. Nous bénéficions d'une première semaine de très beau temps que nous passons à découvrir Nouméa et à régler nos derniers petits problèmes techniques notamment le remplacement de notre annexe Bombard qui a rendue l'âme à l'âge respectable de 10 ans.

Alors que nous nous préparons enfin à explorer le lagon Sud, Donna, un cyclone hors-saison se forme dans le Nord-Est des Vanuatu. Les organismes de météorologie de France et de Fidji prévoient un passage au travers de l'archipel des Vanuatu avec une possibilité de toucher les Iles Loyautés en passant très prés de Grande-Terre. Nous reportons donc notre appareillage en essayant néanmoins de profiter de l'endroit, en testant la plongée dans la passe de Boulari et en effectuant un séjour à l'îlot Maitre. Les prévisions se confirmant sur la trajectoire de Donna, nous rentrons de l'îlot Maitre chercher protection à la marina de Port-Moselle. Donna a pris maintenant une dimension monstrueuse en ayant atteint le niveau 5 et après avoir semer la destruction sur le Nord des Vanuatu se déplace lentement vers Ouvéa et Lifou en perdant un peu de son intensité alors quelle rencontre des eaux plus froides. Nouméa passe en pré-alerte le 08/05 puis en alerte niveau 1 le lendemain alors que le pavillon noir est hissé en tête de mat de la marina. Nous sommes tenus d'installer des lignes cycloniques et nous ressortons du coffre nos longues lignes de Patagonie que le plongeur professionnel de la Marina installe sur une chaine mère qui coure au fond du port loin derrière  les pontons. Alors que Lifou et Ouvéa sont durement touchées par le passage de Donna, le Sud de Grande-Terre et Nouméa sont épargnés du pire et, nos amarres doublées et les lignes cycloniques tendues raides nous survivons cette expérience en ne subissant que deux jours de pluies intenses et quelques rafales.

Ouf! A toute chose malheur est bon, le passage de Donna nous offre une rotation de vent à l'Ouest puis au Sud-Ouest (chose assez rare) qui nous permet le 11/05 de faire facilement route sous voile vers la magnifique île des pins au travers du lagon en faisant une courte halte pour la nuit à l'îlot Mato. Le mouillage de la baie de Kuto au Sud de l'île des pins est superbe avec sa plage de sable blanc fin comme de la farine, bordée de pins colonnaires qui, imperturbables aux alizés et aux cyclones, dressent leur silhouettes dans une parfaite verticalité. L'île des pins est aussi connue pour la baie d'Oro au Nord-Est qui abrite une piscine naturelle ouverte sur l'océan à pleine mer, piscine qui abrite un gigantesque banc de sardines au cœur duquel on peut se glisser et se laisser couler; une boule de poissons si dense que l'on y perd ses repères. Nous quittons l'île des pins vers Lifou le dimanche 14/5 en empruntant la passe de la Sarcelle avec des alizés de SE assez musclés et une mer dure. Une traversée rapide mais très remuante et  peu confortable comme l'on été la plupart de nos traversée dans le Pacifique Sud...

Lifou, un atoll surélevé, une île consistant en un plateau de corail fossile bordé de falaises verticales spectaculaires. Nous mouillons au Nord de la baie de Sandal tout prés du village de Chepenehe. Le village que nous visitons a effectivement souffert du passage de Donna et les habitants sont au travail pour tronçonner les arbres déracinés, nettoyer les rues et pour recouvrir l'église dont le toit s'est envolé. L'endroit est agréable et très accueillant et mériterait que l'on y passe une semaine, mais notre timing de voyage ayant été retardé d'une semaine, nous décidons de ne pas lézarder aux Loyautés et de continuer sur la lancée vers les Vanuatu. Nous levons l'ancre le 17/05 à 3h00 du matin sous un clair de lune bienveillant qui nous permet de bien identifier les patates de corail sur le sable blanc et de sortir en toute sécurité du mouillage direction l'île de Tanna que nous devrions normalement toucher le 18/05 si cette fenêtre de vent de SSE se maintient.

We enter New Caledonia's lagoon (second largest in the world after Australia's Great Barrier Reef) via the Passe de Boulari, taking a mooring at the small island of ilot Amédée , just minutes before the sunset on Monday, 24/4. New Caledonia greets us under a beautiful orange-violet sky, with the rotating beam of the iron Lighthouse Amédée, in service since 1865. A historical monument, having safely guided clippers sailing the southern latitudes on the Nickel Route (up till the years between the world wars) into this immense lagoon. Several sea turtles pop out of the water surface the next morning around Galatee to see us sail off serenely with just the Genoa into Nouméa's Port Moselle. Settling quickly the purchase of a new lightweight inflatable dinghy to replace our 10 year-old Bombard Max3+ (which has a leak that we cannot afford the time to repair, and which we thus give away to a local yachtie who is in need of one), we spend the first few sunny days visiting Nouméa, as well as adapting our dinghy chap with some serious cutting and sewing and creative repatching.

Just when we are set to explore the islands in the lagoon, out-of-season cyclone Donna starts to form north-east of Vanuatu. All weather sources forecast Donna's track down the Vanuatu islands, with a possibility of hitting New Caledonia's Loyalty islands, and passing close to the east coast of the main island. Well, Donna leaves us no choice but to adapt our journey plans. We nevertheless do our best to enjoy our stay here, with a dive trip near and at the Passe de Boulari (unfortunately disappointing due to the bad visibility from the outgoing currents) and 2 days at pretty Ilot Maitre (well known wind and kite surf spot). Weather forecasts confirm Donna's passage south obliging us to return to Port Moselle to wait out the storm. Monstrous Donna takes her time lingering over the northern islands of Vanuatu as a cyclone 5 (highest level), before very gradually dissipating, because of the cooler waters, and sweeping over Ouvea and Lifou in the Loyalty islands, leaving a trail of destruction. The south of the main island and Nouméa is fortunately spared, though New Caledonia goes into pre-alert (on 8/5), then Level 1 Cyclone alert (on 9/5) with a Black Flag being hoisted at the Marina. Our precious floating mooring lines from Patagonia come into service once again to serve as our cyclone lines, pulled by the Marina's professional diver to the seabed chains laid at a distance well behind each pontoon. As Port Moselle is very well protected from easterlies, and with mooring lines doubled and the cyclone lines all pulled taut, we survive the experience (oh yes we prefer to do without it...) with just some gusts and 2 days of intense rain.



'Thanks' to Donna, however, the rotation of winds (west, then southwest winds, which are rare) allow us to sail southeast to the beautiful Ile des Pins, otherwise impossible with the strong southeasterlies blowing since our arrival. The anchorage at Kuto beach is very pretty, with the vertically straight columnar pine trees seemingly unperturbed by the perpetual winds and occasional cyclones, and the white sand so fine it almost feels like flour, without any trace of shell or coral pieces. An early morning trip via taxi to the northeastern coast of Baie d'Oro, where at high tide we have the amazingly clear natural pool (open to the ocean) to ourselves, snorkelling into and within a school of sardines so dense that we practically lose ourselves. An amazingly lively ecosystem indeed. 


We leave Ile des Pins on Sunday 14/5 via the eastern Passe de Sarcelle, with strong SE winds and a rather rough sea towards Lifou. A speedy passage but bumpy and rolly and uncomfortable, just as almost all our Pacific passages have been. Catching a large bonite only when Laurent starts to pull up the line near dusk, the bleeding and killing of our catch (aie, it is a gruesome affair when the creature has only just got hooked...) is at the limit of acrobatic and nauseating due to the rolling seas. Shu-In leaves the cooking till her nightwatch when the Pacific finally pacifies a little. 3 meals for both of us and 5 jars of vinegared preserves. We are thankful for the boost to our provisions.


Lifou , a naturally raised atoll consisting entirely of fossil coral, is impressive with its spectacular reef cliffs. We snorkel in the clear waters of the Baie de Sandal (not many fish though...) and visit the village of Chepenehe, guided by schoolchildren, witnessing the starting of rebuilding and the clearing of debris left by Donna's fury just a week ago. The village and the Bay is peaceful and merits a much longer stay, but, our schedule having already been delayed by a week by Donna, we leave with a weather window announcing SSE winds, departing from the anchorage under bright moonlight at 3 am in 17/5, planning to make landfall at Tanna Island by mid-day of 18/5.

 


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